A quelques jours de son restylage qui devrait arriver en concession début 2026, nous avons
pris le volant de la Peugeot 408 dans sa discrète version électrique pour quelques jours
à son bord. De la découverte de la vie en électrique à sa mise à l’épreuve sur
des trajets autoroutiers et montagnards, nous avons pu vérifier les
capacités réelles de cet ovni au sein de la gamme du lion !
Lorsque j’ai fait part à la rédaction de mon souhait
d’essayer une voiture électrique, ceux-ci ont d’abord été surpris : c’est
en effet une première pour ma part, n’ayant jamais encore goûté à la vie en
électrique ! Mon seul critère était une auto avec
suffisamment d’autonomie pour se permettre des parcours autoroutiers ; peu
évoquée sur les médias, la Peugeot E-408 s’est imposée, bien que le restylage
arrive dans quelques mois maintenant.

Avant de prendre possession de l’auto, une petite
familiarisation avec les codes du monde de la voiture électrique est
nécessaire. D’abord, ne disposant pas de borne de charge à domicile, la meilleure des options est de se procurer une carte de recharge ; plusieurs acteurs se
partagent le marché, c'est sur une fameuse carte de couleur bleue (la
plus vendue en France) que mon choix s'est porté. Si ce n’est pas indispensable, la plupart des bornes
proposant le paiement par carte bancaire (obligatoire sur toutes les nouvelles
installations depuis un peu plus d’un an), il faut avouer que ça facilite la vie et notamment pour tout le côté suivi de sa consommation, une application dédiée
étant proposée et ce chez tous les concurrents.
Sommaire
Le design extérieur
Une
fois ces éléments bien en tête, il est temps de prendre en main notre E-408. A
mi-chemin entre la berline et le SUV coupé, cet ovni de 4.69 m pour 1.49 m de
haut peut surprendre au premier abord ! Si de l’avant on reconnaît sans
mal sa filiation à la Peugeot 308, l’arrière est plus déroutant ! La
poupe fait en effet massive avec une large surface vitrée très inclinée
surplombée par deux petites « ailettes ». De même, les vitres
latérales sont prolongées de manière fluide avec un troisième carreau... coupé en
deux ! En somme l’impression de « sac à dos » ne se fait pas
ressentir esthétiquement. Un point peut diviser : la proéminence du
bouclier arrière… efficace en cas de choc toutefois !
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On le
voit, le design est truffé de détails et chaque arête a son
importance notamment sur les parties latérales. Cela crée aussi des jeux
de lumière intéressants en fonction de l’exposition de l’auto. Si la 408 ne fait pas consensus dans le monde automobile, on peut reconnaitre que des paris audacieux ont été pris par les équipes de chez Peugeot. De 3/4 arrière, il est parfois difficile de juger au premier coup d'oeil qu'il s'agit bel et bien d'une lionne pour les non connaisseurs.
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L'intérieur
On retrouve l’ancienne génération des cockpits de la
marque au lion, débarqué sur la 308 III ; comparé aux derniers tableaux de
bord il peut paraître daté, il reste agréable à utiliser. Le
seul point noir est la réactivité du GPS intégré, on lui préfèrera largement les applications intégrées aux smartphone.
Aussi, l’absence de l’affichage tête haute est vraiment regrettable à ce niveau
de gamme, alors que le maintien dans la voie ou les témoins lumineux d'angle mort sont bien sûr présents. Le toit panoramique et ouvrant apporte une touche de lumière bienvenue dans un intérieur globalement sombre.


Côté habitabilité, difficile d'être à l'aise aux places arrières si on mesure plus d'1m80. En revanche il y a de l'espace aux jambes et on est plutôt à l'aise en terme de largeur aux coudes. Côté coffre, la Peugeot E-408 promet une capacité de 468 L, soit juste en-dessous d'une 508 par exemple, ce qui est plutôt satisfaisant pour un véhicule de sa catégorie ! Banquette rabattue, le volume monte jusqu'à 1550 L.
La conduite
Il est
temps de mettre en marche le moteur électrique, annoncé pour 210 chevaux (157
KW) et jusqu’à 453 kilomètres d’autonomie. 3 modes de conduite sont proposés, influençant la réponse de la pédale lorsqu’elle est sollicitée : Eco,
Normal et Sport. Ce dernier sera rarement utilisé dans la réalité afin de
préserver l’autonomie, mais la différence de réactivité se fait ressentir instantanément lorsque l’on passe
d’un mode à un autre ! Certes les accélérations même en mode sport ne sont pas
décoiffantes (7.2 secondes sur l'exercice du 0 à 100 km/h), mais ce n’est pas là la vocation
de la voiture !
Pour révéler les capacités de cette Peugeot E-408, nous
lui avons fait vivre une grande variété de parcours et d’environnements !
Sur des parcours urbains et périurbains, malgré un gabarit à
prendre en main, elle se révèle être plutôt à l’aise. Un des points vraiment
appréciables sur ce type de trajets est la présence des palettes de
régénération qui comportent trois niveaux : ce n’est certes pas du
« One Pedal » comme on peut trouver sur d'autres modèles, mais ça permet de ne
pratiquement pas toucher à la pédale de frein si ce n’est pour arrêter
complètement la voiture, ce qui est très agréable en ville. Côté consommation, on tourne autour des 11 kWh/100
sans avoir le pied lourd sur des parcours mi-urbains / mi-périurbains, ce qui est plutôt honnête.

Sur
autoroute, épreuve souvent la plus redoutée pour les voitures électriques, les
chiffres sont loin de ceux cités au-dessus. En y ajoutant les ingrédients de
la nuit et de la pluie, difficile de descendre en dessous des 21 kWh/100, même
régulateur calé à 110 km/h. Dès lors l’autonomie s’avère vite assez limitée
pour de longs trajets, imposant des recharges assez régulières plus ou moins
tous les 200 kilomètres pour ne pas prendre de risque.

Aussi il a été intéressant d’évaluer la consommation... en montagne ! En gravissant un col par exemple, elle s’envole bien au-delà des 25 kWh/100 (voire des 30). En revanche, la régénération
lors de la descente est assez impressionnante ; elle ne permet certes pas
de compenser l’énergie dépensée à la montée mais en récupère néanmoins une
bonne partie… de manière à pouvoir rejoindre la borne de recharge la plus proche !
Enfin, un seul et même constat sur l'ensemble des parcours réalisés : une direction vive et très précise pour une auto de plus d'1.8 tonnes. Le petit volant typique des Peugeot ne fait que renforcer cette impression : on sent assez peu le poids de l'auto, supérieur de 600kg par rapport à une 308 tout de même ! Les courbes s'enroulent sans exagérer la rotation du volant ce qui rend la conduite vraiment agréable.
Peugeot 408 - Motorisations
La Peugeot 408 propose actuellement 3 motorisations en comptant la version électrique :
- E-408 : 210 ch (157 kW) / Batterie 58,2 kWh / Consommation 15,1–15,3 kWh/100 km / Autonomie WLTP 453 km / Prix à partir de 42 700 €
- 408 Plug-in Hybrid 225 : 225 ch / Moteur essence 4 cylindres / Boîte automatique e-DCS7 / Consommation 5.9 L/100 km / Prix à partir de 43 900 €
- 408 Hybrid 145 : 145 ch / Moteur essence 3 cylindres / Boîte automatique e-DCS6 / Consommation 5.1 L/100 km / Prix à partir de 38 500 €
La miniature
La Peugeot 408 dans sa version thermique est sortie à toutes les échelles (ou presque !). Côté 1/64, il s'agit bien sûr d'une reproduction signée Norev : deux teintes ont été disponibles chez Peugeot (Bleu Obsession et Rouge Elixir), le bleu Obsession étant ensuite arrivé chez Norev dans la gamme x6. Au 1/43, Norev a reproduit ces même teintes en y ajoutant le Blanc Perle. Enfin au 1/18 Paudi a proposé aussi une réduction de la 408 (dénommée 408X en Chine)... qu'il est possible d'importer pour les amateurs !
Notre bilan
Figurant comme l'un des premiers modèles "familial" motorisé à l'électricité au sein de la gamme Peugeot, la E-408 est un peu à cheval entre plusieurs catégories et on ne sait pas vraiment si elle rentre dans une case. Et c'est peut-être là un de ses atouts : elle se démarque assez clairement dans la gamme du fabricant au lion, malgré sa nette filiation à la 308. D'un point de vue plus personnel, si j'avais quelques à priori sur l'utilisation quotidienne d'un véhicule électrique, ce fut une bonne première expérience !
Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est bien sur les parcours périurbains qu'elle se révèle être la plus efficiente. Facile et agréable à emmener, elle se prend en main aisément malgré son gabarit. En revanche, elle qui était plutôt attendue sur de plus longues distances avec tout de même 453 kilomètres d'autonomie annoncée se révèle finalement assez limitée comme on l'a vu. Aussi, il faut en pratique souvent un peu plus de 30 minutes pour passer de 20 % à 80 % sur une borne de charge rapide, la puissance maximale acceptée de 120 kW n'aidant pas.
Si l'arrivée de la version restylée est imminente, on ne sait pas encore si la batterie de cette E-408 connaîtra une évolution ou non, mais on ne peut que le souhaiter. Alors rendez-vous dans quelques mois...
Par Anatole C., photos Swann C.