Après plusieurs essais de la Panda dans ses différentes versions électriques, vient désormais le tour de la motorisation hybride de passer entre nos mains. Pendant toute une semaine, et sur près de 900 km parcourus aussi bien sur autoroute qu’en milieu urbain ou sur les petites routes sinueuses de la campagne du nord de la France, nous avons pu en découvrir tous les aspects. Conditions de circulation variées, trajets quotidiens comme plus longs parcours : un terrain de jeu idéal pour évaluer son comportement, son agrément de conduite et sa polyvalence au quotidien.
Après un premier contact avec la Fiat Grande Panda électrique dans ses versions Red et La prima, entrée et haut de gamme, il était temps d’approfondir l’expérience. Ces dernières années, la motorisation hybride est devenue un incontournable pour tous les constructeurs automobiles, en constituant environ un tiers des immatriculations françaises en 2025. Il est donc naturel de se pencher sur la copie que nous propose fiat.
Sommaire
Le design extérieur
La Grande Panda sait se détacher du reste du parc automobile par son design. Le dessin, carré et horizontal en impose, à l’image de la calandre massive et pleine intégrant le logo fiat; cette dernière précédant le capot haut perché créant ainsi un sentiment de robustesse.
La signature lumineuse, composée d’une multitude de « pixels » distincts, attire immédiatement le regard et confère au véhicule une identité visuelle forte et reconnaissable. L’agencement précis de ces éléments lumineux s’intègre harmonieusement aux lignes nettes et aux formes carrées de la proue, ainsi, l’éclairage ne se contente pas d’illuminer : il participe pleinement au design, en soulignant l'aspect géométrique du véhicule.

Le profil n’est pas en reste et bénéficie du même soin apporté au dessin général, en adoptant des lignes franches et des formes taillées à la serpe qui affirment son caractère. L’encadrement des surfaces vitrées, particulièrement anguleux, souligne cette volonté de proposer un design résolument contemporain.
À l’extrémité, un encart lenticulaire vient parfaire la signature visuelle. Celui-ci accueille, d’un côté, le logo composé des quatre barres inclinées, immédiatement reconnaissable, et de l’autre, l’inscription du nom de la marque. Ce détail soigné agit comme une véritable signature graphique, apportant une touche distinctive supplémentaire. On remarquera aussi le logotype “panda” embossé dans le bas des portes, occupant le grand espace disponible du fait de la haute ceinture de caisse. Le tout se présente dans une robe teinte bleu lago, à la fois discrète et élégante
Les jantes alliage de 17 pouces bichromatiques, au design moderne et dynamique, renforcent la prestance de l’ensemble. Elles donnent un coup de jeune au modèle et participent à son allure sportive, tout en gardant une certaine élégance. Ces jantes sont entourées d'arches de roues en plastique brut, qui se prolongent sur les bas caisse, allant jusqu'aux pare-chocs avant et arrière.
À l’arrière, la Panda conserve un style tout en horizontalité, cohérent avec le reste du design. Le hayon se pare de feux verticaux à LED, marquant les extrémités de la face arrière. Un embossage affichant fièrement le nom de la marque vient casser la planéité de la surface centrale du hayon, sous laquelle est positionné le logo "panda" dans un bandeau en plastique brut.
Une fois à bord de la Grande Panda dans cette version La Prima, le changement de registre est immédiat. Ici, la sobriété de la version d’entrée de gamme laisse place à un intérieur plus travaillé, où les détails et les matériaux font toute la différence.
L’intérieur est quant à lui plus en rondeur, avec une planche de bord aux lignes douces et enveloppantes qui forme un large ovale, créant une atmosphère à la fois chaleureuse et contemporaine. Cette silhouette singulière rend hommage au mythique circuit du Lingotto à Turin, symbole fort de l’histoire automobile italienne, dont la piste sur le toit a marqué les esprits.
Au cœur de cette forme harmonieuse vient se nicher le combiné d’instrumentation, parfaitement intégré, ainsi que l’écran multimédia, subtilement encastré pour préserver la fluidité visuelle de l’ensemble. Cette architecture intérieure allie ainsi modernité technologique et clin d’œil patrimonial, tout en offrant une ergonomie pensée pour le conducteur et ses passagers. L’instrumentation composée d’un écran de 10 pouces se concentre sur l’essentiel, ce qui la rend lisible en toutes circonstances. Dans le prolongement on retrouve l'écran multimédia, équipé de la connectivité carplay et android auto.

Les commandes de la climatisation restent physiques, un choix apprécié qui facilite la gestion de la température à bord sans obliger le conducteur à naviguer dans des menus tactiles. Cette configuration permet d’ajuster rapidement les réglages essentiels, comme la ventilation ou la température, d’un simple geste, tout en gardant les yeux sur la route. Les boutons, suffisamment grands et idéalement positionnés sur la console centrale, offrent une prise en main intuitive et rassurante.
Les espaces de rangement, à la fois nombreux et ingénieusement conçus, facilitent une organisation optimale de l’habitacle. La double boîte à gants - rendue possible par l’airbag positionné au plafond - propose un volume de stockage appréciable. Elle est complétée par de larges bacs de porte, un vaste compartiment central et des poches situées au dos des sièges avant.
À l’arrière, l’espace à bord étonne au regard du gabarit du véhicule. La place pour les jambes permet d’installer confortablement deux adultes, tandis que la banquette, malgré une certaine fermeté, reste agréable. Le coffre, d’une capacité de 361 litres, offre un volume conforme aux standards du segment, et son seuil de chargement abaissé simplifie le dépôt des courses comme des valises.
La conduite
Au volant, on remarquera le silence de fonctionnement du trois cylindres, ici assisté d’un moteur électrique pour atteindre la puissance de 110 chevaux. La puissance toutefois suffisante se retrouve muselée par le délai de réponse de la boite de vitesse lors de fortes accélérations ou d’une conduite dynamique; cette motorisation sait cependant se montrer plus douce à un rythme moins élevé, sur autoroute ou sur le réseau secondaire en particulier.
En ville, il faut aussi savoir se montrer patient pour éviter les à-coups de la transmission, remarquables au démarrage du moteur thermique notamment. Le comportement routier plutôt sain est masqué par la direction qui se montre floue, on ne sait pas ce que font les roues, ceci ayant tendance à rendre les enchaînements de virages presque dangereux dans certains cas.
Les suspensions raides bénéficiant au comportement routier peuvent être source d’inconfort sur route dégradée; les sièges montrent aussi rapidement leurs limites, fatigants au bout d’un peu plus d’une heure de trajet. Leur dessin gaufré ainsi que le manque de soutien de l’assise et du dossier sont les principaux fautifs, sans oublier les appuie-têtes avant fixes gênants pour les grandes personnes.
Comparatif: L'hybride, solution miracle?
Les tarifs affichés par la Grande Panda la placent clairement sur le terrain des modèles dits « accessibles », un créneau où le rapport prix prestations demeure l’argument central. Dans cette zone du marché, elle retrouve notamment sa rivale signée Citroën, mais aussi l'incontournable Dacia Sandero, référence des ventes auprès des particuliers en Europe.
Face à cette nouvelle venue, la Sandero adopte une stratégie technique différente. Là où certains constructeurs misent sur une hybridation classique pour réduire les consommations et les émissions, la roumaine fait le choix d’une motorisation essence associée au GPL. Les deux affichant des tarifs similaires, on peut légitimement les comparer sur le plan des coûts d'usage.
Sur 800km, la Panda hybride affiche une moyenne de 5L/100km au sans plomb 95, une consommation raisonnable rendue possible grâce à l'hybridation. Avec un prix au litre aux alentours de 1.67€ au moment de notre essai, on obtient un coût au kilomètre de 0.08€/km
La Sandero possède un avantage non négligeable: le tarif du GPL, qui se retrouve bien inférieur à celui de l'essence, avec un prix au litre généralement situé sous 1€ dans la majorité des stations. En étant utilisateur quotidien depuis 25000km, j'ai pu constater une consommation moyenne navigant entre 6.5 et 7.5L au 100km en usage mixte. On considérera une consommation médiane de 7L/100 pour notre comparatif, ce qui à un prix de 0.95€ à ma station locale, nous ramène à un prix au kilomètre de 0.07€/km.
Notre bilan
Après 800km à bord de cette Grande Panda Hybride, vient le temps du bilan. Accessible, charmante, elle sait séduire par ses design extérieur et intérieur ainsi que par sa motorisation hybride, promettant de belles économies.
Malgré ses attributs flatteurs de prime abord, cette Grande Panda présente quelques griefs qui peuvent entacher l’expérience aussi bien à son volant qu’en passager. Suspensions raides, direction floue, boite de vitesse manquant de fluidité, sièges au confort perfectibles; sont les principaux défauts à relever.
Par Lilian T.