Car
au fond, l’existence même de ce modèle soulève l’une des questions les plus
complexes de l’automobile contemporaine : comment concevoir une Ferrari
électrique ?
Le
projet naît d’abord dans un contexte réglementaire. Pendant plusieurs années,
l’Union européenne a fixé l’horizon de 2035 comme point de bascule pour les
ventes de véhicules neufs vers le 100 % électrique. Ferrari, malgré son statut
à part dans l’industrie, semblait alors devoir composer avec un futur où les
V12 deviendraient progressivement impossibles à produire.
La marque de Maranello commence alors à préparer sa transition avec un plan industriel d’une ampleur rarement vue dans son histoire.
Un nouveau dirigeant issu de l’industrie des semi-conducteurs prend la tête du groupe et d’importants investissements sont engagés pour accompagner ce changement de paradigme. L’objectif est clair : concevoir une Ferrari électrique capable non seulement d’exister face aux nouveaux acteurs du secteur, mais aussi de redéfinir les standards de performance propres au cheval cabré.
Des centaines de millions d’euros sont investis dans une nouvelle usine ultramoderne, le désormais célèbre e-Building, destinée notamment à la fabrication des batteries et des groupes motopropulseurs électriques. En parallèle, plusieurs milliards supplémentaires sont mobilisés pour développer les technologies de demain, recruter de nouveaux profils d’ingénieurs spécialisés et repenser en profondeur toute la chaîne de valeur de la marque.
Puis
survient un premier tournant : en 2022, l’Europe ouvre une dérogation
permettant aux constructeurs à faible volume de continuer à produire des
moteurs thermiques alimentés aux carburants de synthèse.
Le
cheval cabré peut souffler : ses cylindres pourront encore rugir.
Mais alors, pourquoi poursuivre malgré tout le développement d’une Ferrari 100 % électrique ?
Parce
qu’entre-temps, Ferrari avait atteint un point de non-retour industriel et
financier. Trop d’investissements avaient déjà été engagés pour faire machine
arrière. Et surtout, il fallait démontrer aux actionnaires comme au marché que
Ferrari était capable de maîtriser la technologie dominante de demain.
Car
même si certains pays ralentissent leurs ambitions d’électrification, d’autres
marchés, notamment en Asie, ne jurent déjà plus que par l’électrique.
Seulement voilà : un problème apparaît. Le prototype de départ, pensé comme une hypercar électrique traditionnelle, n’atteint pas les performances spectaculaires de références comme la Rimac Nevera ou la Xiaomi SU7 Ultra. Que faire ?
La Luce ne peut pas faire le poids face à la Rimac ou la Xiaomi
Ferrari
aurait pu forcer une « Faux-rari » : silhouette agressive, faux bruits de
moteur, artifices émotionnels… Mais cela aurait probablement sonné faux.
Alors
la marque semble avoir choisi une autre voie.
Faire
de cette Ferrari électrique non pas une remplaçante du thermique, mais un
manifeste. Un objet qui provoque. Qui ne cherche pas forcément à plaire
immédiatement. Une voiture capable d’attirer une clientèle différente,
davantage fascinée par l’innovation que par la nostalgie mécanique.
Une
démarche qui rappelle certains objets automobiles radicaux comme l’Aston Martin
Lagonda II ou l’Alfa Romeo SZ Il Monstro: des modèles qui ont préféré imposer une vision
plutôt que rechercher l’unanimité.
Après
tout, pendant que les Ferrari thermiques, comme la 12Cilindri, ou hybrides,
comme la 849 Testarossa, continuent de célébrer le patrimoine de la marque, la
Luce peut se permettre d’explorer autre chose.
Libérée
de cette pression identitaire, la firme de Maranello aurait alors retravaillé
le projet avec la société LoveFrom de Jonny Ive.
Sir Jonny Ive est l’une des figures majeures du design industriel contemporain. On lui doit des objets devenus iconiques comme l’iPod, l’iMac ou encore l’iPhone.
Son approche repose sur quelques principes devenus sa signature : un minimalisme assumé, des volumes monolithiques, une obsession du détail invisible, une sincérité dans l’utilisation des matériaux ainsi qu’une attention particulière portée à l’interface et à l’expérience utilisateur.
Une philosophie largement héritée du design moderniste de Braun, et notamment des travaux de Dieter Rams pour ceux qui connaissent, où l’objet doit s’effacer au profit de sa fonction tout en conservant une forte identité visuelle.
Et finalement, c’est exactement ce qu’évoque cette Ferrari Luce. Un manifeste monolithique.
Comme
sur un smartphone, l’essentiel semble se trouver à l’intérieur : la technologie
disparaît au profit de l’expérience. L’habitacle devient le centre du projet,
avec des matériaux plus bruts, un raffinement discret et une interface qui
évoque certains codes du design numérique contemporain.
C’est
d’ailleurs probablement cette partie qui divise le moins : beaucoup y voient
déjà un mélange intéressant entre l’élégance italienne des années 1970 et une
modernité plus silencieuse.
Cette
architecture accueille une plateforme skateboard avec batteries sous le
plancher mais aussi, fait inédit pour Ferrari, cinq véritables places.
Conséquence logique : la silhouette se rapproche davantage d’un crossover ou d’un
SUV... Comme une Toyota Prius.
Et c’est là que commencent les doutes. Car extérieurement, le monolithisme semble poussé à l’extrême. On a parfois l’impression que la carrosserie entoure simplement une cellule de vie, comme une coque autour d’un objet technologique.
Le
lien émotionnel entre le volume extérieur et l’habitacle paraît moins évident.
Cette
approche très froide, presque clinique, enlève une partie de cette sensation de
puissance sculpturale qu’une Ferrari savait traditionnellement transmettre même
à l’arrêt, comme peut le faire une F12 TdF.
Contrairement
au Purosangue, premier SUV de la marque, qui cherchait encore à rassurer les
puristes avec son V12 atmosphérique et ses lignes sensuelles fidèles aux codes
de Maranello, Ferrari semble ici s’adresser à une clientèle différente : plus
internationale, plus technophile, séduite autant par l’exclusivité de l’objet
que par la performance qu’il promet.
Non
plus seulement une voiture électrique.
Mais
la Ferrari des voitures électriques.
Un
Manifeste.
Et
pour qu’un manifeste devienne une réussite plutôt qu’un échec industriel, il
faudra que la Luce ne se contente pas de ses quatre moteurs et de sa fiche
technique. Il faudra qu’elle offre ce supplément d’âme, ce toucher de route,
cette sensation unique qui transforme une machine performante en véritable
Ferrari.
Sinon,
ce qui devait être une déclaration d’intention pourrait finir par ressembler à
un testament.
Côté
miniature, c’est Looksmart Models qui propose en premier la
reproduction au 1/43ᵉ de la Ferrari Luce, qui vient tout juste
d’être révélée. Dans un premier temps c’est la teinte de lancement Azzurro La Plata qui est proposée sur le site MR
Atelier.
À l’avant
À l’avant, la Ferrari Luce affiche immédiatement ce qui fait toute la singularité de son design : une interprétation presque monolithique du traitement des volumes.
Le
regard est structuré autour d’un large S-Duct traité en masque noir laqué, dans
lequel viennent s’intégrer plusieurs éléments :
- une
signature lumineuse réduite à un simple trait horizontal, volontairement
minimaliste, reproduite ici par une fine pièce métallique peinte en argent ;
- des modules LED argentés dissimulés sous une lentille transparente, donnant une impression de grande pureté visuelle.
Cette
ouverture aérodynamique masque également une discrète prise d’air directement
moulée dans la zone du capot, lui-même traité en noir glossy afin de renforcer
l’effet de contraste.
Plus
haut, les essuie-glaces rapportés en noir sont présents, avec le positionnement vertical pour ne pas couper l’aérodynamisme. Le pare-brise laisse également
apparaître la zone des capteurs près du rétroviseur intérieur.
En partie basse, le fabriquant reproduit une série de grilles d’aération divisées en trois sections, intégrant différents modules de capteurs bien visibles grâce à leur finition noir brillant.
Enfin,
le logo Ferrari, reproduit en décalcomanie au bout du capot, vient rappeler
discrètement l’identité de cet objet hors des normes.
Dans
l’ensemble, Looksmart restitue avec beaucoup de justesse cette philosophie
industrielle du design de la Luce, où la carrosserie semble davantage
envelopper la technologie qu’exprimer la performance.
À l’arrière
L’arrière se montre lui aussi particulièrement réussi, avec une large bande noire fumée qui traverse toute la largeur de la voiture.
Derrière
cette surface teintée apparaissent deux modules circulaires gris évoquant
les feux arrière, dans un discret clin d’œil à la Ferrari 360 Modena. En son
centre prend place le Cavallino Rampante, reproduit en tampographie argentée.
Au-dessus,
on retrouve le S-Duct arrière avec un espace laissé visible qui intègre le
troisième feu stop traité en noir mat. Sur la malle, un lettrage F E R R A R I en
décalcomanie métallique apporte une touche plus premium.
Le diffuseur est directement moulé dans la pièce et reçoit un traitement noir texturé avec une zone de grille simulée. Les catadioptres sont quant à eux réalisés à partir de petites pièces métalliques rapportées et peintes en rouge clair : un très joli détail, même s’ils paraissent assez fragiles à manipuler.
Profil et finitions
De profil, cette silhouette monovolume aux allures de concept-car évoque presque un objet de design industriel plus qu’une automobile traditionnelle. Certains y verront une forme proche d’une Magic Mouse ; dans tous les cas, les proportions sont remarquablement respectées : une qualité que Looksmart maîtrise généralement très bien.
Les panel gaps sont finement
gravés, tout comme les boutons d’ouverture des portes et la trappe de recharge.
Les bas de caisse reçoivent une finition noir texturé qui allège visuellement
la masse du véhicule.
Les rétroviseurs, peints et
rapportés avec finesse, s’intègrent harmonieusement à l’ensemble. Le toit
panoramique teinté apporte de la luminosité à l’habitacle.
Sur les ailes avant apparaît
également cette fausse fente aérodynamique, moulée puis soulignée par une
peinture noire glossy afin d’affiner visuellement la carrosserie.
Les écussons Ferrari présents
sur les flancs sont reproduits en décalcomanie couleur avec un rendu propre.
Les jantes Turbina
diamantées de 23 et 24 pouces affichent une finition très convaincante, mêlant gris mat et
touches gris argent, avec logos Ferrari et écrous soigneusement
reproduits.
La teinte Azzurro La Plata est particulièrement intéressante
: selon l’exposition à la lumière, elle oscille entre des nuances de blanc
froid et des reflets bleutés plus marqués. Un choix qui souligne parfaitement
cette approche « product design » du véhicule sans masquer les détails
du moule.
L’intérieur constitue probablement l’un des points forts de cette miniature. Réalisé en résine avec une sellerie Beige Tradizione, il apporte immédiatement une sensation de raffinement et un clin d’œil aux années 70.
Le
volant reçoit plusieurs inserts argentés dont les palettes de vitesse, tandis que la
tablette centrale, sa poignée et l’interface inspirée de l’univers iOS
sont reproduites en décalcomanie avec beaucoup de finesse.
Les aérateurs circulaires
chromés captent particulièrement bien la lumière et de nombreux détails
viennent enrichir l’ensemble : la clé Ferrari posée sur la console avec son
cheval cabré sur fond jaune, les textures
différenciées ou encore le traitement général de l’habitacle.
Une multitude de petits éléments viennent donner vie à cet intérieur : Complimenti Looksmart !
Avec cette Luce, Looksmart est
le premier à reproduire au 1/43 l’un des projets automobiles les plus clivants
et fascinants de ces dernières années. Une miniature qui trouvera naturellement
sa place dans une collection dédiée aux concepts, aux objets de design… ou tout
simplement aux engins qui osent sortir des sentiers battus.
Référence : Ferrari
Luce 2026 1/43
- Looksmart LS568SW – Ferrari Luce 2026 1/43 – Azzurro La Plata – 150 €
Par Lân.P (@TinyBolide)








































