Le Citroën C5 Aircross II arrive à point pour défier les concurrents bien installés du segment du SUV. Fidèle à son ADN aux chevrons dans le style de conduite et la belle habitabilité, il s'appuie bien évidemment sur la banque d'organes Stellantis pour les technologies utilisées. Ce SUV made in France (Rennes) serait l'une des meilleures alternatives aux modèles communs du segment. Allons-y pour la découverte !
Le C5 Aircross II vient de sortir et prend naturellement la place de son prédécesseur au sein de la gamme Citroën, composée entre autres d'un petit SUV, le C3 Aircross, et d'un grand SUV, le C5 Aircross. La gamme globale comprend encore un modèle au-dessus, la berline surélevée C5X, plus chère et plus longue, mais qui va bientôt disparaître et ce, sans remplaçante. Le C5 Aircross occupera alors bientôt la place du haut de gamme Citroën.
Tout comme la première génération, il est fabriqué à l'usine de Rennes - La Janais (35). Cette dernière a dû se réinventer pour accueillir la production de ce modèle aux multiples motorisations (hybride, électrique). 160 M€ ont été investi pour la moderniser et assurer l'assemblage de 600 C5 Aircross par jour, au passage dernière Citroën produite en France.
Rien de mieux pour l'essayer qu'un WE de plus de 1 000 km à travers sa terre natale, la Bretagne. Entre quatre voies, routes départementales et trajets en ville, nous avons testé pour vous ce nouveau vaisseau amirale français !
Le design extérieur
Quittant Paris aux aurores, nous filons vers l'ouest via la N12. C'est en arrivant en Mayenne, sous un soleil matinal, que nous pouvons réellement observer notre modèle d'essai du WE.
Citroën ne nous a pas déçu dans le style extérieur du nouveau C5 Aircross. Fidèle au concept annonciateur présenté au Mondial de l'Auto 2024, il adopte la nouvelle identité visuelle de Citroën, dans un corps de grand SUV.
Moderne et audacieux, il plaira à ceux qui cherchent un look différent du "musclé" du 3008, du "passe-partout" du Tucson, ou encore du "neutre" de l'Austral.
Le C5 Aircross possède la nouvelle identité Citroën qui inclus, en plus du nouveau logo, une signature lumineuse distincte, composée d'un élément central entouré de deux éléments verticaux. Cela lui confère un air concentré et suffisamment sérieux pour l'envisager comme modèle de représentation au sein d'une entreprise respectée.
Ce traitement visuel est cohérent avec le reste de la gamme et offre même un aspect de symétrie entre l'avant et l'arrière.
Le nouveau vaisseau amiral aux chevrons possèdes des dimensions généreuse : 4,65 m de long, 2,11 m de large et 1,69 m de haut, pour un poids sur la balance allant de 1,6 t pour le petit moteur hybride à 2,1 t pour la version tout électrique.
Au-delà de la signature Citroën, on apprécie beaucoup les touches personnelles que possède le C5 Aircross. À l'instar du concept de 2024, les rétroviseurs sont effilés, allégeant la silhouette globale. Sur le côté, la transition entre le toit et les ailes arrière se dessine sous la forme d'une sorte de peigne vertical, tandis qu'en haut, la fin du toit se prolonge en un becquet fixé sur le hayon.
Malgré ses dimensions imposantes, il sait ainsi se rendre agréable à l'œil, avec l'astucieux assemblage du capot plongeant, suivi d'une calandre mince puis d'une jupe avançant légèrement vers l'avant. Même à l'arrêt, nous avons l'impression qu'il file sur le macadam, à travers le doux crachin breton.
C'est une autre histoire pour l'arrière en revanche, puisque nous avons affaire à un mur, certes moins prononcé que le nouveau Peugeot 3008, mais très vertical tout de même. La fenêtre arrière, haut perchée et étroite, n'arrange pas cette sensation.
Enfin, le point d'orgue du design distinctif du C5 Aircross réside bien évidemment dans la géométrie des feux arrière, qui sortent littéralement de la carrosserie, pour former des sortes d'ailettes. Un gimmick bien original, qui saura le différencier des autres SUV à coup sûr !
Pour une fois, l'organisation des finitions fait sens et garde une continuité depuis plusieurs années maintenant puisque tous les modèles Citroën suivent la même logique de trois niveaux d'équipement (bas, milieu et haut de gamme) :
- YOU - à partir de 32 800 €
- PLUS - à partir de 35 740 €
- MAX - à partir de 38 680 €
À ces prix de base impliquant la plus petite motorisation, l'hybride 3 cylindres 1,2 l hybride 145 ch (réservoir 55 l), vous devez rajouter :
- 4 410 € pour la motorisation hybride rechargeable 4 cylindres 1,6 l 225 ch (réservoir de 55 l)
- 4 690 € pour la motorisation électrique 210 ch (batterie de 74 kWh)
- Teinte carrosserie (différente du Rouge Rubis de base) = 980 €
- Toit noir = 350 €
- Toit ouvrant = 1 180 €
- Intérieur clair "Hype Grey" = 1 380 €
- Pack Techno (Drive sist 2.0, volant chauffant, hayon électrique) = 1 180 €
- Pompe à chaleur (pour la motorisation électrique) = 790 €
Seule entorse par rapport au concept présenté en 2024 est l'absence de coloris similaire. Le vert pailleté avec des reflets jaunes voire dorés en fonction de la lumière avait en effet joué beaucoup sur la popularité de ce concept.
On espère qu'une teinte similaire sera disponible dans le futur !
L'intérieur
Arrivés à hauteur de Rennes, nous empruntons le périphérique sud. Le C5 Aircross se sent comme à la maison et pour cause, il est produit à l'usine de La Janais ! Nous continuons notre route, cette fois-ci via la N24 puis la N165, direction le département le plus à l'ouest de la France, la "fin de la terre". C'est alors que nous prenons le temps d'examiner notre environnement intérieur.
L'avantage du Citroën C5 Aircross est que bien qu'il soit très volumineux à l'extérieur comme la majorité des SUV modernes, il offre un espace à bord inégalé par la plupart de ses concurrent.
En effet, la plupart des voitures modernes ont tendance à grandir, sans augmenter le volume intérieur, ou très peu. Ici en revanche, la sensation d'espace est probante et appuie le statut de voiture familiale.
Lorsque vous entrez dans le C5 Aircross, vous êtes accueilli par une ambiance chaleureuse, à commencer par la fameuse sellerie "Advanced Comfort" en TEP et tissu. Agréable visuellement, son moelleux est à la hauteur de nos attentes. Notre modèle d'essai arbore le coloris "Hype Blue", un bleu foncé sobre, mais vous pouvez opter pour le "Hype Grey", si vous préférez une ambiance claire et lumineuse.
Le tableau de bord et les intérieurs de porte sont recouverts de tissu, dont la couleur est accordée au ton de la sellerie. Ce revêtement renforce le confort visuel, et améliore la sensation de touché. Avouons que c'est tout de même plus agréable de toucher du tissu plutôt que du plastique, aussi bien moulé soit-il.
Après vous être assis dans vos fauteuils, vous ferez face à une planche de bord en "T", la barre verticale étant un écran géant. il se prolonge ensuite en une console centrale, suivi d'un accoudoir. Point positif à souligner, des commandes physiques contrôlent la plupart des fonctions importantes de la voiture : vitesses, frein à main, modes de conduite, dégivrage, etc. Cela devient rare et nous tenions à le souligner.
Concernant l'écran, nous sommes étonnés de sa qualité. Les menus sont relativement intuitifs et, contrairement à d'autres modèles récents, il est extrêmement réactif. Très peu de latence à été observée, ce qui rend l'utilisation bien plus fluide et plaisante.
Autre point très positif, sa grande surface permet au menu climatisation de rester affiché en permanence dans le tiers inférieur, ce qui simplifie les réglages tout en conservant l'affichage de la radio ou du GPS. Certes, c'est toujours moins ergonomique que des molettes physiques, mais c'est déjà un grand pas, et nous le saluons.
Chez Mininches, nous apprécions les détails de cet intérieur, tel que le pédalier (repose-pied inclus) en aluminium, le sélecteur de vitesse en aluminium, les orifices de ventilation du chargeur à induction pour éviter la surchauffe de votre téléphone, ou encore la molette du volume en forme de chevrons.
En revanche, nous avons un peu plus de doutes concernant les poignées de porte flottantes, qui intègrent les boutons de lève-vitre. Très sympa visuellement, elles s'avère peu pratiques puisque soit on les saisie mal, soit on active sans faire exprès les lève-vitres.
De même, les montant verticaux de chaque côté du tableau de bord laissent à désirer. Intégrant un éclairage d'ambiance, un tweeter et une clé de sol décorative, ces extrusions sont réalisées dans un plastique médiocre, brillant et fébrile, ce qui dénote (ha ha !) avec le reste de l'intérieur. Cela semble être une bonne idée, mais mal exécutée. Un point d'amélioration pour la phase II !
Ce qui justifie réellement notre qualification du C5 Aircross de "voiture familiale" est la présence de multiples rangements et astuces de vie.
Grand bac central facilement accessible derrière l'écran, prises de recharge, emplacement téléphone sur le dessus, rangement profond sous l'accoudoir, porte lunettes au pavillon, boite à gants, grands bacs de porte, double pochette de dossier, petits rangements central arrière, crochets pour vêtement, accoudoir arrière avec porte-gobelets intégrés...
Autant d'atouts pouvant séduire une petite famille !
À l'arrière, les places sont généreuses. Les sièges ont quelques réglages possible, et la place du milieu n'est pas un punition, du fait de la largeur de l'assise et du plancher plat.
La vraie question reste alors : pourquoi n'y a-t-il que 5 places ? On pourrait croire à une volonté du groupe Stellantis de ne pas faire trop de concurrence au 5008. Mais le plus déroutant est que le C3 Aircross, plus petit que le C5 et en-dessous dans la gamme, possède une version 7 places.
Personnellement, j'aurais bien vu une option avec sièges escamotables, voire même un "Grand" C5 Aircross, légèrement rallongé. Citroën, ou du moins Stellantis, ne voit pas les choses de la même manière et il est a priori prévu que le C3 Aircross reste le seul SUV 7 places Citroën dans les prochaines années.
La conduite
Bien arrivés en Finistère, nous continuons notre avancée vers le grand large, en empruntant cette fois la Transbigoudène, direction Saint-Guénolé et le phare de Penmach.
Il est temps pour nous de vous partager notre ressenti au volant de ce nouveau C5 Aircross, que ce soit sur courts, moyens ou longs trajets.
La première chose que vous remarquerez à son volant est son gabarit. En effet, les plus de 2 m de large seront le plus marquant au début, surtout si vous le conduisez en ville. Les rues n'ayant pas grandi, vous aurez l'impression de conduire un mastodonte. Mais entre la direction assistée ultra souple, le bon angle de braquage et les différentes caméras, il vous fait pardonner sa taille encombrante en conduite urbaine.
Le combiné d'instrumentations reprend le principe de C4 et C5X, c'est à dire un écran intégré au tableau de bord, qui ne fait pas tablette rapportée comme sur les modèles allemands, mais dont le contenu est minimaliste. On note une évolution de ce concept puisque l'écran est un peu plus grand et surtout mieux fini. Il y a tout de même plusieurs modes d'affichage, dont une version avec la carte GPS en fond, très pratique.
Vous pouvez également compter sur un affichage tête haute pour vous guider dans votre conduite.
Trois motorisations sont disponibles, une petite essence hybride de 145 ch qui équipait notre modèle d'essai, une hybride rechargeable de 225 ch et une électrique de 210 ch.
Concernant la motorisation essayée, la consommation annoncée est de 5,5 l/100 km, ce qui est peut-être atteignable sur certains types de parcours. De notre côté, en conduisant normalement, nous avons atteint la consommation moyenne de 6,9 l/100 km, ce qui assure largement 600 km d'autonomie (réservoir de 55 l).
Ce 3 cylindres 1,2 l de 145 ch est évidemment à des années lumières d'un foudre de guerre mais, compte tenu des suspensions absorbantes et des sièges très confortables, il n'est de toute façon pas envisagé de conduire autrement que comme un bon père de famille, comme le dit l'expression.
En réalité, nous pensons que cette motorisation est plutôt un choix malin pour l'acheteur ou l'acheteuse - explications.
Les finitions étant entièrement décorrélées des motorisations, vous pouvez aussi bien avoir la finition basse, moyenne que haute sur le petit moteur. Comme il faut rajouter presque 5 000 € pour prendre au choix l'hybride rechargeable ou l'électrique, sachant que vous n'aurez en réalité jamais besoin de leurs 225 ou 210 ch respectifs puisque c'est une voiture qui est faite pour rouler tranquillement, vous avez meilleur temps de la commander avec le petit moteur et garder les 5 000 €.
Notre bilan
Fort de notre expérience de plus de 1 000 km en terre bretonne, nous pouvons conclure que le C5 Aircross de deuxième génération ne perd pas en qualité à l'évolution, il en gagne.
Nous avons apprécié l'espace à bord, les nombreux rangements et astuces qui facilitent la vie, ainsi que le traitement des couleurs et des matériaux. Les sièges "Advance Confort" méritent leur "C" majuscule et les revêtement tissus sont du plus bel effet.
Nous avons conscience que le design extérieur est clivant, mais il a le chic de respecter le concept de 2024 dans sa volonté de se différencier des concurrents. On pense notamment aux feux arrière qui sortent de la carrosserie comme des ailettes.
Les niveaux de finition sont clairs et bien ordonnés (du plus bas au plus haut) : YOU - PLUS - MAX.
Les motorisations ne sont pas nombreuses mais on observe surtout une différence proche de 5 000 € entre le petit moteur hybride (145 ch) et les deux grosses motorisations, l'hybride rechargeable (225 ch) et l'électrique (210 ch).
Le choix malin serait de prendre une bonne finition (PLUS avec options ou MAX) couplée au petit moteur, qui suffit largement à la conduite quotidienne et qui vous fera économiser 5 000 €.
En résumé, ce SUV fabriqué en France, à Rennes (35), est une très bonne alternative aux Peugeot 3008, Renault Austral, Hyundai Tucson et compagnie. Son prix est dans la moyenne basse du segment (< 40k € en finition MAX avec le petit moteur), pour un produit pratique au quotidien, spacieux et à la page technologiquement parlant.
Quant à moi, en attendant le prochain essai, il ne me reste plus qu'à vous dire kenavo !
Par Jean Moins