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Éco-Rallye en Alentejo : Première participation et victoire scratch pour notre Leapmotor T03 !

 Chez Mininches, vous le savez, nous nourrissons une véritable passion pour l'électromobilité, mais aussi pour le sport automobile sous une forme encore trop méconnue : l’éco-rallye. Depuis plus de quatre ans maintenant, ces compétitions de régularité sont pour moi une nouvelle passion. Ne vous y trompez pas, sous ses airs d'éco-conduite, le caractère sportif et compétitif y est particulièrement présent.

Pour cette nouvelle manche du Championnat du Portugal des Énergies Nouvelles (CPNE), nous avons décidé de tenter un pari inédit : engager pour la toute première fois la petite Leapmotor T03. Objectif ? Aller chercher une nouvelle victoire au cœur de l'Alentejo, la plus vaste région du Portugal !



L’Éco-Rallye, qu'est-ce que c'est ?

Pour résumer, il ne s'agit pas d'aller le plus vite possible, mais de respecter scrupuleusement une vitesse moyenne imposée par l'organisateur sur des routes ouvertes, tout en consommant le moins d'énergie possible. La réglementation est similaire à celle des véhicules historiques avec une complexité plus accrue au vu de l'excellent caractère routier des véhicules moderne.


Direction l'Alentejo depuis Lisbonne à bord de la T03

L'éco-rallye commence bien avant la première zone de régularité. La première étape consiste à amener le véhicule à bon port. Sitôt arrivés à Lisbonne, direction le parc presse de chez Stellantis pour prendre les clés de notre monture, la petite Leapmotor T03.

Devant nous, un trajet de liaison d'un peu plus de 200 kilomètres pour rallier la ville de Pias, dans l'Alentejo, notre point de départ. C'est le moment idéal pour découvrir les caractéristiques tactiques de la voiture. Équipée d'une batterie de 37,3 kWh utiles (environ 40 kWh nominaux), je pars sans aucune crainte. Par le passé, nous étions habitués à utiliser massivement une Dacia Spring et sa petite batterie de 25 kWh. Ce qui ne nous a jamais freiné à traverser le Portugal. Autant dire qu'ici, nous sommes au large !

Le réseau de recharge portugais reste cependant une petite aventure : le maillage y est moins dense qu'en France et, surtout, les bornes ne possèdent quasiment pas d'interface pour carte bleue. Jongler entre les différentes applications et cartes de recharge peut vite devenir une galère. C'est dans ces moments-là qu'on réalise l'avance que nous avons en France.

Pour ce trajet, nous choisissons de délaisser l'autoroute et de prendre la route nationale. À peine dix minutes après avoir franchi le majestueux pont Vasco de Gama à Lisbonne, nous voilà sur de longues routes droites limitées à 90 km/h. La consommation de la T03 s'avère plus que raisonnable : l'ordinateur de bord affiche entre 11 et 12 kWh/100 km.

Par sécurité, et parce que nous allons devoir travailler avec le véhicule, nous effectuons une courte recharge rapide avant Evora avant d'arriver à Pias. Cette Leapmotor aurait pu relier Lisbonne à notre destination d'une seule traite ! Nous en profitons pour nous accorder une pause goûter bien méritée. La voiture chargeant sur une borne DC, je peux vous confier (sans trop vous spoiler la suite) que le temps du goûter a finalement été beaucoup plus long que le temps nécessaire à la recharge !



La calibration et les vérifications techniques

La préparation sérieuse débute par le calibration sur un parcours défini par l'organisateur (généralement entre 2,5 et 5 kilomètres). C'est l'étape cruciale où tout peut basculer : elle sert de zone étalon pour synchroniser nos appareils de mesure de distance avec ceux de l'organisation. Une fois cette formalité accomplie, nous reprenons la route pour une petite session d'entraînement sur deux anciennes spéciales de l'année dernière afin de nous remettre dans le bain.

Nous prenons ensuite le temps de visiter Pias, de magnifiques villages escarpés typiques de cette région du Portugal. Quant aux vérifications administratives et techniques, elles sont rapidement réalisées. Ici, la réglementation est simple : il suffit d'aligner un véhicule de série strictement conforme aux règles routières. Il n'y a plus qu'à attendre le samedi.



 

 





Section 1 du Samedi : Le grand départ

Le grand jour est arrivé. Le tracé de cette année innove en nous emmenant plus au sud que lors des précédentes éditions, traversant les régions de Serpa et de Pias. Les routes y sont bien plus sinueuses et vallonnées, ce qui promet de complexifier la gestion de la consommation pour aller chercher la victoire.



Alexandre Stricher, mon copilote (six fois champion FIA), récupère le précieux Roadbook deux heures avant le départ. C'est l'heure de se mettre au travail ! La régularité au Portugal a ses spécificités : contrairement au Championnat FIA où les contrôles se font par GPS de manière invisible, le championnat portugais nous impose des temps de passage précis (à la seconde près) à chaque case du roadbook. Alexandre doit donc noter méticuleusement toutes les secondes cibles directement sur le roadbook. Nous vérifions ensemble l’itinéraire pour éviter toute erreur de navigation, en nous attardant sur les changements de direction dans les villages, les étroitesses des villages de la région peuvent rapidement créer une questionnement alors que nous n'avons que quelques secondes pour prendre une décision en spéciale sur le bon chemin à prendre.

Dès les premiers hectomètres, la T03 se montre particulièrement agréable et facile à prendre en main. : Les enchaînements de panneaux, point contrôle de régularité, sont extrêmement denses. C'est la grande spécificité de cette épreuve, avec parfois des points de contrôle espacés de seulement quelques secondes. Il faut être extrêmement précis sur l'accélérateur. La deuxième spéciale du jour est un gros morceau : plus de 40 kilomètres chronométrés à une vitesse moyenne importante (parfois plus de 60 km/h).


 


À la pause de midi, la bonne surprise tombe : nous sommes déjà en tête du rallye ! Comme le rappelle la logique de la discipline, la régularité est un sport d'élimination. Sur routes ouvertes, l'erreur est facile : perdre sa route dans un village, être gêné par le trafic (heureusement, le règlement offre un "joker" par section en supprimant le moins bon résultat du plus mauvais points), ou subir une panne d'appareil de mesure. D'ailleurs, la chaleur étouffante de l'Alentejo a fait souffrir nos concurrents, provoquant des surchauffes de smartphones chez ceux qui utilisent des applications mobiles comme Rabbit.

L'après-midi se poursuit sur le même rythme soutenu, avec des pointes de régularité frôlant les 70 km/h. Nous optimisons nos arrêts aux "Stop" (où le règlement impose un arrêt absolu de 3 secondes) en prenant un peu d'avance juste avant, ce qui nous permet de soigner notre consommation d’énergie pour rattraper les points de contrôles suivants.

La journée se termine par une épreuve redoutable et très spécifique au Portugal : la spéciale hectométrique. Longue de 10 kilomètres, elle se court sans aucune case de roadbook sur une route nationale classique. Le recalage se fait à l'ancienne, grâce aux petites bornes kilométriques historiques présentes tous les 100 mètres. Le piège ? Avec les rénovations successives des routes, ces bornes sont parfois faussées de plusieurs mètres voir beaucoup plus..

Ce fut le cas au kilomètre 9, qui est apparu au kilomètre GPS 8,9 ! Un grand moment de solitude à bord : Alexandre me regarde et me dit "Attends, on vient de passer la borne, on a 100 mètres d'écart !". Heureusement, nous avons réussi à nous recalibrer à temps. À ce petit jeu, la Renault 5 E-Tech qui nous talonnait a perdu de précieux points et quitte le podium provisoire.


 

Le samedi soir, nous rejoignons le dîner dans une ambiance particulièrement chaleureuse et familiale, avec la satisfaction de pointer largement en tête du général. Nous passons la nuit un peu plus au nord, dans une superbe chambre d'hôtes à Reguengos de Monsaraz.



Dimanche : Gestion, Château et Power Stage

Le dimanche, le rallye est presque joué mais il reste une spéciale et la fameuse "Power Stage" hors championnat. La matinée dessine une magnifique boucle autour du village fortifié de Monsaraz, dont le superbe château domine fièrement la frontière espagnole.

Connaissant bien les pièges routiers de cette zone pour y avoir roulé l'an dernier, je gère notre avance. Malgré une petite frayeur (une relance un peu trop optimiste après un panneau qui nous coûte quelques dixièmes de seconde), nous signons à nouveau le meilleur temps scratch de la spéciale ! Une belle revanche sur l'édition précédente où une erreur sur l'hectométrique nous avait relégués au 4e rang.



Vient enfin la "Power Stage", un long secteur de plus de 30 kilomètres. Malheureusement, nous y commettons deux fautes : un décalage dans un enchaînement de panneaux et un panneau repéré trop tard. Verdict : une décevante 7e place sur cette section. Il nous reste encore une belle marge de progression pour rester calmes et performants jusqu'aux derniers mètres du rallye !


 


Victoire historique pour Leapmotor !

Au classement final cumulé, notre régularité a payé notre équipage : Emilien Le Borgne et Alexandre Stricher s'imposent au classement général absolu ! C'est la toute première participation et la première victoire historique de la Leapmotor T03 en compétition automobile. Pour une citadine de cette taille, son comportement sain en conduite dynamique a été une excellente surprise.


Victoire !!


Une petite pointe de déception pointe néanmoins côté consommation. Alors qu'avec la Dacia Spring nous avions l'habitude de survoler le classement de l'efficience, la T03 termine à la 2e place énergétique avec une moyenne finale de 10,07 kWh / 100 km, battue par la très affûtée BMW i3 de l'équipe Atlante. Elle signe également le 2e rang du classement par équipes.

Grâce à ce superbe week-end, nous nous replaçons idéalement dans la course au titre : nous prenons les commandes du championnat Consommation et intégrons le Top 3 du classement Régularité après deux manches (sur les 5 que compte la saison portugaise). Nous voilà installés dans le costume d'outsiders parfaits face à des équipages locaux ultra-expérimentés, parfois présents depuis 30 ans dans la discipline, et soutenus par les équipes officielles Kia, Renault ou Volvo Portugal.


 
Le podium général

Le retour à la maison ! 

Avant de restituer la voiture à Lisbonne, nous faisons un crochet par Monsaraz pour tourner notre essai vidéo détaillé de cette Leapmotor T03, que vous pourrez retrouver très prochainement sur notre chaîne YouTube ! Sur le trajet du retour vers Évora (magnifique ville classée à l’UNESCO - ce n'est pas qu'une Lotus en effet), la T03 a confirmé la précision de sa jauge : arrivée à la borne avec 14 % de batterie restante pour 70 km d'autonomie annoncée initialement. Pas de mauvaise surprise, même avec la climatisation activée par cette chaleur étouffante.

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En conclusion, cette Leapmotor T03 s'est avérée être un outil redoutable, bien plus rigoureux et polyvalent que ne l'était notre ancienne Dacia Spring. Mon seul petit regret sur ce rallye aura été l'absence de portions sur terre ou sur piste, habituelles sur cette épreuve, mais le plaisir de pilotage et la navigation millimétrée d'Alexandre ont rendu ce week-end parfait pour la régularité. Nous devons maintenant travailler notre consommation et surtout les Power Stage.

Prochaine étape de notre côté : l'Eco Rally do Mondego à Coimbra, les 25 et 26 juillet prochains. Une épreuve inédite qu'il va falloir travailler rigoureusement pour corriger nos petites erreurs de fin de course.

À bientôt sur Mininches !



Classement général final – E-Rally Crédito Agrícola (Alentejo)

  1. Emilien Le Borgne – Alexandre Stricher (Leapmotor T03) – 35,2 pts

  2. Eduardo Carpinteiro Albino - José Carlos Figueiredo (Kia EV6) – 46,6 pts (Note : ajusté EV6 conformément aux modèles du plateau officiel)

  3. João Botequilha - Magda Ferreira (Volvo EX30) – 53,2 pts

  4. Nuno Serrano - António Caldeira (Renault 5) – 65,0 pts

  5. Jorge Coelho - Ivo Miguel Tavares (Cupra Born) – 71,9 pts

  6. Carlos Silva - Sancho Ramalho (BMW i3) – 73,5 pts

  7. Ricardo Nunes - Joaquim Lira Nunes (MG 4 XPower) – 110,5 pts

  8. Pedro Filipe Morais - João Pedro Morais (Renault 4) – 115,1 pts

  9. Sérgio Magno - Ana Joaquim (Peugeot E-3008) – 125,7 pts

  10. Filipe Maia - Tiago Caio (Polestar 4) – 131,4 pts


Par Emilien Le Borgne
Crédit photos :  Bernardo Lúcio