La Lancia Ypsilon marque la renaissance moderne de l'iconique constructeur italien à travers une proposition dans le style ne passe pas inaperçu ! Partons à la découverte du millésime miniature de l'Ypsilon à l'échelle 1/43...
Pourquoi faire renaître une marque emblématique quasiment disparue ? Et surtout, comment y parvenir ?
Les marques italiennes sont aussi vibrantes que déconcertantes. Comme je l’écrivais à propos de la 33 Stradale, elles savent faire vivre aux passionnés de véritables montagnes russes émotionnelles, capables de faire palpiter les cœurs de manière totalement irrationnelle.
Parmi celles qui ont connu un destin aussi prestigieux que tragique, Lancia occupe une place à part.
Très
tôt rachetée par FIAT, la marque turinoise s’est d’abord forgé une réputation
dans le haut de gamme, avec des modèles aux noms inspirés de l’alphabet grec ou
des voies romaines, sans jamais renier la performance. L’Aurelia, par exemple,
va ouvrir le chapitre sportif de Lancia dans les années 1950. La marque
s’illustrera même en Formule 1, avant que certaines de ses voitures ne soient
revendues à Ferrari, qui remportera des courses à leur volant.
Dans
les années 1960, la petite Fulvia confirme cette fibre sportive en s’illustrant
en rallye. Mais Lancia ne compte pas s’arrêter là. Au fil des décennies 1970,
1980 et 1990, la marque va donner naissance à certaines des plus grandes
légendes du sport automobile : Stratos, 037, Delta S4 puis Delta Integrale.
Avec
10 titres de champion du monde des constructeurs et 4 titres pilotes remportés
entre 1974 et 1992, ainsi que 46 victoires en épreuves mondiales, Lancia reste
à ce jour le constructeur le plus titré de l’histoire du WRC.
Puis
vient la lente descente aux enfers. Avec le rachat d’Alfa Romeo puis de
Maserati, FIAT se retrouve à la tête de trois marques aux ambitions finalement
assez proches : toutes veulent incarner une certaine idée du luxe, du style
italien et de la sportivité. Mais le groupe peine à définir clairement leur
positionnement, au risque de les voir se cannibaliser.
Dans
cette nouvelle équation, Lancia va progressivement perdre sa place. Alfa Romeo,
avec son héritage sportif et son image plus internationale, devient
naturellement la marque privilégiée pour porter les ambitions premium et
sportives du groupe. Maserati conserve quant à elle le sommet de la pyramide,
tandis que Lancia est peu à peu reléguée au second plan.
Les
conséquences deviennent particulièrement visibles au début des années 2000.
Hormis quelques modèles comme la Thesis, la gamme Lancia s’essouffle et la
marque ne dispose plus réellement des moyens nécessaires pour développer ses
propres produits. Les nouvelles voitures deviennent progressivement des dérivés
de modèles FIAT, avant même de partager leur badge ironiquement avec Chrysler.
Une marque autrefois capable de concevoir des Aurelia, Stratos ou Delta se
retrouve ainsi privée de véritable identité industrielle.
Lorsque
Stellantis se forme, Lancia semble alors condamnée à disparaître. Pourtant, les
nouveaux dirigeants constatent un phénomène étonnant : malgré son âge et sa
présence limitée au seul marché italien, la vieillissante Ypsilon continue de
se vendre comme des petites pizzas. En 2019, la citadine turinoise vendue
uniquement en Italie dépassait même les ventes mondiales d’Alfa Romeo.
Impossible, dès lors, d’abandonner un marché aussi important et une marque disposant encore d’un tel capital sympathie.
En
2021, Lancia obtient donc une seconde chance. Mais la mission est loin d’être
simple. Avec une logique industrielle particulièrement stricte, il faut
rentabiliser au maximum les plateformes issues du groupe PSA tout en
repositionnant Lancia comme une marque premium capable, à terme, de générer
suffisamment de valeur.
Le
premier défi est alors de transformer une Peugeot 208 II en véritable Lancia
Ypsilon.
Les
marges de manœuvre des designers sont limitées : mêmes découpes de portes,
mêmes vitrages, même pare-brise, même hauteur de capot, même structure et même
implantation du coffre. Le risque est évident : voir deux voitures presque
identiques se croiser dans la rue.
Les
équipes de design vont pourtant chercher à créer cette fameuse étincelle qui
permettrait de faire oublier les dessous techniques communs. Elles insistent
notamment pour conserver les feux arrière ronds inspirés de la mythique
Stratos, afin de donner à la Ypsilon une identité un peu plus reconnaissable de
profil. À bord, elles obtiennent également la fameuse console centrale
circulaire « Tavolino », pensée pour apporter une touche plus cossue à
l’habitacle.
Malgré
ces efforts, et une attention portée à la qualité perçue, difficile de ne pas
retrouver certains traits de la 208 II. Et cela se ressent malheureusement dans
les chiffres de ventes, encore très modestes.
Mais
Lancia possède un autre héritage sur lequel elle peut s’appuyer : le rallye.
La
Ypsilon L73 est ainsi rapidement engagée en compétition avec des versions
clients Rally6, Rally4 et surtout Rally2. Cette dernière évolue en WRC2 et
décroche en 2026 ses premières victoires aux îles Canaries puis en Croatie.
Lancia
commence donc doucement à retrouver le chemin qui avait fait sa légende.
Reste
maintenant à savoir jusqu’où cette renaissance pourra aller. Une arrivée en
WRC1 serait évidemment le moyen le plus spectaculaire de renouer avec son passé
et de rappeler au monde que derrière ce nom se cache l’un des plus grands
palmarès du rallye.
Car
faire renaître Lancia ne consiste pas seulement à recréer une gamme de
voitures. Il faut raviver une émotion, retrouver cette petite étincelle qui
faisait battre le cœur des passionnés devant une Stratos, une 037 ou une Delta.
La route sera longue, et le chemin semé d’embûches. Mais après avoir frôlé l’abandon, Lancia a de nouveau une montagne à gravir. Et peut-être, quelque part au sommet, une nouvelle légende à écrire.
Côté miniature, c’est IXO Models qui propose au 1/43ᵉ la reproduction de la Lancia Ypsilon 2025 en finition LX à motorisation thermique, réalisée en zamac. Deux teintes sont disponibles, dont ce très réussi Vert Giada associé au toit noir. À noter également qu’une version HF Line, ainsi qu’une déclinaison HF Rally4, sont proposées.
À l’avant
Ce que l’on peut dire, c’est que l’avant de cette citadine est assez chargé et torturé, avec des éléments qui partent un peu dans tous les sens. Bref, ce n’est pas forcément le genre de face avant que l’on ait envie de reproduire avec un budget limité. Et c’est justement là que l’on peut apprécier le savoir-faire d’IXO Models.
La
nouvelle signature visuelle de Lancia repose sur ce masque noir qui intègre la
fameuse signature lumineuse en Y, appelée par les équipes marketing « Calice
Lancia ». Alors qu’on aurait pu s’attendre à une pièce rapportée sur la
miniature, il s’agit ici d’une partie directement moulée, avec une application
très soignée de la peinture noire. La signature lumineuse et le lettrage Lancia
sont quant à eux réalisés en tampographie argentée.
Ce
qui m’impressionne surtout, c’est la profondeur et la finesse de la séparation
entre le masque et la carrosserie, le tout sans bavure. Chapeau !
Comme
il s’agit ici d’une miniature de la version thermique, les quatre ouvertures de
refroidissement sont bien présentes. Elles sont moulées avec des grilles en
relief et reçoivent une peinture noire glossy. Un petit clin d’œil à la
mythique Delta Integrale HF !
En dessous, la grille d’aération est une pièce rapportée en plastique noir brillant.
De
part et d’autre du bouclier, on retrouve les optiques, qui ressemblent presque
à des joues de manga. Les modules LED en relief sont moulés puis rehaussés de
peinture noire et argentée, avant d’être recouverts d’une lentille
transparente légèrement opaque. Attention toutefois : certains exemplaires
peuvent présenter quelques traces de colle visibles.
Sous
les feux, les différentes encoches sont moulées et peintes en noir. IXO va même
jusqu’à reproduire la fine gravure de la trappe du crochet de remorquage.
Qu’on
se le dise : pour cette gamme de prix, c’est un très beau travail que nous
propose le fabricant.
À l’arrière
L’arrière
se montre lui aussi particulièrement réussi. IXO a ici choisi une pièce
rapportée en plastique noir brillant qui intègre le bandeau arrière, avec le
lettrage de la marque en tampographie argentée,
ainsi que les optiques en forme de cône.
Ces
dernières sont recouvertes d’une lentille transparente, avec une tampographie
du Y strié en argenté.
Sous
la malle de coffre, le pare-chocs apparent reçoit une tampographie noire
brillante qui intègre les catadioptres en rouge
foncé.
Le diffuseur arrière est directement moulé et peint en noir glossy. Il est agrémenté d’une sortie d’échappement argentée, fixée au châssis.
Sur
la malle, le lettrage Ypsilon est reproduit en argenté. Mais
petite curiosité : à droite, on retrouve en noir le nom AUTOPOLIS, un
centre de distribution de véhicules basé au Luxembourg. Le modèle scanné ne
proviendrait donc pas directement de chez Lancia ? En tout cas, c’est un détail
assez curieux à retrouver sur une miniature de série… et ce n’est probablement
pas anodin. 😉
Profil et
finitions
De profil, cette 208
Stratosisée affiche des proportions justes et une silhouette fidèle au
modèle réel.
Le toit est peint en noir brillant et surmonté d’une antenne requin moulée. Les rétroviseurs sont des
pièces rapportées noires, tandis que les arches de roues sont directement
moulées et peintes en noir brillant.
Attention toutefois sur cette partie, certains exemplaires peuvent présenter quelques petits pets de peinture.
La curiosité se situe une
nouvelle fois au niveau de la custode arrière. On y retrouve certes une
tampographie bleue représentant l’écusson Lancia, mais également une
petite pièce en relief qui souligne la découpe du toit. Une sorte de pochoir ?
Les jantes alliage Diamante
de 17 pouces affichent une finition soignée, avec un noir glossy, des
touches de gris argenté sur les surfaces, ainsi que des écrous et le logo Lancia finement
reproduits. Si je veux vraiment chipoter, on pourra simplement noter que les
jantes du modèle réel adoptent une forme plutôt concave, alors que leur
reproduction miniature apparaît davantage convexe.
La teinte Vert
Giada séduit par la richesse de ses reflets. Son fin
pailleté capte subtilement la lumière et met joliment en valeur les lignes de
cette petite citadine, sans masquer les gravures ni les différents détails de
finition.
Intérieur
L’intérieur, moulé en plastique
noir avec un grand nombre de pièces rapportées, reproduit la sellerie Velours gris
Anthracite. Dommage que la version rouge Ruggine n’ait pas été retenue : elle
aurait certainement apporté une touche de gaieté bienvenue à cet habitacle.
Le système d’infodivertissement
allumé est quant à lui reproduit en décalcomanie.
Conclusion
Cette Ypsilon constitue donc la
première Lancia made by Stellantis à être reproduite au 1/43ᵉ, et IXO Models signe ici une
miniature particulièrement convaincante au regard de son positionnement
tarifaire.
Entre ses détails soignés, sa belle teinte Vert Giada et surtout cette petite bouille, elle possède suffisamment de personnalité pour trouver naturellement sa place dans une collection consacrée aux voitures italiennes et à la Dolce Vita !
Référence Lancia Ypsilon
LX 2025 1/43 :
- CLC680N – Lancia Ypsilon 2025 1/43 IXO Models – Vert Giada – 25 €
Par Lân.P (@TinyBolide)
































