Avec la nouvelle génération F70 sortie en 2024, BMW a renouvelé la Série 1, en gardant les changements techniques et stylistiques subit en 2019 par la génération F40. C'est en quelque sorte une grosse mise à jour.
Positionnée en entrée de la gamme BMW, la Série 1 est évidemment la grande rivale de la Mercedes Classe A. C'est une compacte à hayon, avec un profil bas, presque coupé, et 5 portes obligatoires.
Héréditaire des générations précédentes dans sa conception, c'est une voiture uniquement thermique, bien que certaines motorisations embarques une composante hybride 48V "coup de pouce", pour aider le moteur.
Essence ou diesel, cette Série 1 propose plusieurs déclinaisons, toutes très intéressantes. Notre choix s'est porté sur une essence 120, finition M Sport. Pour les amateurs, nous ne nous sommes pas trompés, c'est bien la 120 et non la 120i, comme le voulait la dénomination traditionnelle. La Série 1 F70 est le premier modèle BMW a adopter la nouvelle dénomination des versions essence, supprimant le "i", celui-ci étant désormais entièrement réservé aux modèles électriques (i3, i5, etc).
Nous avons profité d'un WE dans le Jura pour essayer la compacte de Munich et l'observer sous toutes ses coutures.
Embarquez avec nous pour l'essai !
Le design extérieur
Dès les premiers regards posés sur le parking avant le départ, cette BMW 120 impose sa présence. Habillée de la teinte métallisée exclusive BMW Individual Tansanitblau et juchée sur de superbes jantes en alliage de 18 pouces, elle cultive son agressivité visuelle. Elle conserve la ligne globale de la génération précédente, avec un capot assez long et un arrière net.
La Série 1 existe en trois finitions principales, peu importe la motorisation choisie (116, 120, 123 xDrive ou 120d). Pour nos exemples de prix, nous considérons uniquement la motorisation 120 similaire à notre modèle d'essai :
- Série 1 "base" à partir de 40 850 €
- M Sport Design "intermédiaire" à partir de 42 350 €
- M Sport "haut de gamme" à partir de 44 450 €
Il existe une ultime finition, mais qui est en réalité un modèle à part, encore plus sportif, puisqu'il s'agit de la Série 1 M135 xDrive. Ici, il vous faudra aligner 59 150 € si vous souhaitez jouer dans la cours des grands.
Vous remarquerez que monter en gamme est synonyme d'avoir une finition plus sportive. Il n'existe pas de finition orientée "luxe" pour cette Série 1. Est-ce dommage ? Pas tellement. La marque BMW a bien étudiée son marché et il est vrai que la clientèle est presque exclusivement des jeunes en recherche d'une voiture dynamique.
Notre version d'essai, une 120 finition M Sport, embarque plusieurs équipement supplémentaires à la finition de base : ciel de toit noir, sièges avant sport, sellerie alcantara, volant cuir, palettes au volant, suspensions adaptive M et divers éléments de décoration.
Le pack innovation (3 800 €) rajoute neuf équipements, dont le déverrouillage main libre, l'affichage tête haute ou encore la recharge smartphone sans fil.
Le pack M Sport Pro (1 600 €) ajoute, dans les grandes lignes, un becquet arrière et des étriers de freins peints en rouge.
À cela, notre version comprend également neuf autres options, allant du toit peint en noir au hayon électrique, en passant par les vitres teintées, pour un total de 59 610 €. Soit le prix d'entrée de la version M135 xDrive !
Quoi qu'il en soit, sous le soleil jurassien, les reflets profonds de la carrosserie bleue attirent l'œil et donnent indéniablement l'impression d'avoir un objet de caractère entre les mains. Nous nous contenterons de notre petite motorisation 120 et continuons l'essai !
L'intérieur
En ouvrant les portières, l'ambiance flirt avec le grand tourisme. L'intérieur baigne dans une atmosphère sportive et soignée. On y découvre une sellerie en alcantara rehaussée de surpiqûres bleues du plus bel effet, mariée à des inserts décoratifs en aluminium illuminés. Les sièges M Sport enveloppants, combinés aux réglages électriques à mémoires et au volant M gainé de cuir (chauffant dans cette configuration), offrent une position de conduite absolument parfaite.
L'ergonomie fait la part belle au numérique avec une dalle incurvée moderne, format paysage, complétée ici par un affichage tête haute HUD en couleur très lisible. Quitte à n'avoir que des écrans dans le combiné d'instrumentations, autant ne plus avoir de combiné du tout. L'affichage est configurable et l'écran répond rapidement au touché du doigt, il faut le reconnaître.
Contrairement à la génération précédente, il n'y plus de commandes physiques pour la radio ou pour la ventilation, tout se fait depuis l'écran désormais.
Le système audio Harman Kardon optionnel (850 €) transforme chaque trajet en auditorium roulant. Le toit ouvrant panoramique en verre baigne l'habitacle de lumière, accentuant la sensation d'espace à bord de cette compacte qui mesure tout de même 4,36 mètres de long.
Globalement, la qualité perçue des matériaux et des assemblages est très bonne, justifiant en partie le tarif du modèle.
La conduite
Les choses sérieuses commencent lorsque l'on quitte les grands axes pour attaquer les départementales serpentueuses du Jura. Dès les premiers enchaînements de virages, la voiture met en confiance. Les suspensions Adaptative M raidissent les amortisseur, le train avant mord la corde avec précision, le volant offre une prise en main maîtrisée et l'efficacité globale de la tenue de route est tout simplement top. Les freins M Sport garantissent quant à eux un mordant rassurant et une endurance sans faille lors des descentes de cols.
Pourtant, au fil des kilomètres, un bémol majeur vient ternir le tableau idyllique : le moteur. Sous le capot, cette BMW Série 1 120 embarque un bloc essence trois cylindres de 1,5 litre couplé à une hybridation légère 48V, développant une puissance cumulée de 170 chevaux pour un couple de 240 Nm. Si les chiffres sur papier semblent honorables (un 0 à 100 km/h abattu en 7,8 secondes), la réalité de la route est plus nuancée.
On ressent une latence agaçante à la relance, et un sentiment d'être déconnecté de la mécanique. L'édulcoration des sensations filtre tellement les informations qu'on a parfois l'impression de piloter un jeu vidéo plutôt qu'une authentique sportive bavaroise. Ce feeling de "jouet", aseptisé et artificiel, contraste terriblement avec le dynamisme exceptionnel du châssis.
Au final, si le moteur manque de caractère, le châssis, lui, donne toujours une furieuse envie de poursuivre la route. Ne voyez donc pas cette 120 comme une voiture où l'on prend du plaisir à la cravacher à l'accélération, mais plutôt comme un très bon outil à virages, qui plus est très polyvalent !
Notre bilan
À l'heure de garer la belle bleue au terme de cette boucle jurassienne, le bilan global reste positif. Cette BMW 120 finition M Sport soigne son look, choie ses occupants avec un niveau de raffinement technologique et matériel au niveau attendu, et propose un comportement routier d'une efficacité redoutable.
Dommage que la partition mécanique ne soit pas au diapason. Nous aurions préféré la mélodie, et surtout la réactivité d'un quatre cylindres traditionnel à la place du 1,5 l trois cylindres. En voulant lisser la consommation (mesurée autour de 5,6 l/100 km) et répondre aux normes, ce moteur trop discret dans ses sensations oublie de faire vibrer le conducteur.
C'est une auto presque irréprochable sur le papier, mais à laquelle il manque un supplément d'âme sous le capot pour transformer l'essai en coup de cœur absolu.
En revanche, pour qui souhaite justement un look sportif et une tenue de route exemplaire, tout en gardant un petit moteur, la combinaison de notre modèle d'essai est franchement convaincante.




































