Aujourd'hui, nous mettons à l'épreuve la déclinaison la plus haut de gamme de la citadine anglaise : la Mini Cooper SE signée Paul Smith. Vendue dans une configuration très exclusive, la puce électrique d'Oxford débarque avec le poids des traditions et un look bien affirmé sur ses épaules. Nous avons profité de près de 1 000 km d'essai à son volant pour éprouver sa polyvalence au quotidien et mesurer ses réelles capacités au-delà de la ville. Est-elle à la hauteur de la griffe du célèbre couturier britannique ? C'est ce que nous avons voulu vérifier volant en mains...
Avec sa dernière génération 100 % électrique, Mini continue de réinventer l'icône née à la fin des années 1950. Positionnée au sommet de la gamme citadine haut de gamme, elle affronte sur son terrain la Fiat 500e et l'Alpine A290. Cette version inédite remet à l'honneur l'esprit d'artisanat et le style irrévérencieux qui lient la marque au styliste anglais depuis plus de deux décennies.
Nous avons accumulé les kilomètres aux commandes de cette version SE pour observer sous toutes ses coutures ses subtilités stylistiques et valider sa polyvalence d'usage sur longs parcours. Embarquez avec nous pour cet essai haut en couleur !
Mon dieu réveillé c
Le design extérieur
Dès les premiers regards posés sur le parking avant le départ, cette Mini Cooper SE Paul Smith impose son charisme chic et décalé. Fidèle à l'ADN de la marque, elle combine des formes rondes emblématiques avec l'élégance caractéristique du couturier britannique. La carrosserie reçoit une teinte exclusive aux reflets profonds, apportant un standing indéniable et donnant l'impression immédiate d'observer un véritable objet de collection roulant.
La face avant adopte un traitement épuré typique des versions électriques modernisées, sublimé par la calandre octogonale cerclée d'accents cuivrés contrastants. Les célèbres projecteurs circulaires à LED conservent leur rôle de signature visuelle tout en intégrant des animations lumineuses inédites. L'absence totale de chromes superflus laisse place à des finitions lisses qui affirment la modernité et la sobriété assumée du modèle.
De profil, la citadine britannique étire une silhouette dynamique où chaque détail a été soigneusement pensé. Le toit contrasté arbore fièrement les célèbres rayures multicolores « Signature Stripes » de la maison de couture, apportant cette touche d'excentricité si britannique. Les jantes en alliage inédites, dessinées spécifiquement pour cette édition avec des détails dorés et des cabochons signés, assoient visuellement la voiture et renforcent son allure haut de gamme.
À l'arrière, le dessin se veut tout aussi percutant avec l'intégration des feux matriciels à la forme triangulaire caractéristique, affichant un motif graphique personnalisable. Un bandeau noir laqué traverse le hayon pour lier la poupe, agrémenté du monogramme Paul Smith discrètement apposé. Le bouclier arrière sculpté vient sceller ce design extérieur à la fois musclé, élégant et résolument unique.
L’intérieur
En ouvrant la portière, l'habitacle nous accueille dans une atmosphère épurée où la planche de bord recouverte de textile tricoté imprimé imprime immédiatement son style. La qualité perçue fait un bond en avant grâce à l'association de matériaux recyclés et d'inserts exclusifs pensés par la maison de couture, comme le petit ruban textile multicolore sur la branche inférieure du volant. Si l'on regrette la présence de quelques plastiques durs dans les parties basses, la précision des assemblages et l'attention portée aux détails (à l'image des clins d'œil graphiques et des surpiqûres) viennent rappeler le positionnement BCBG de l'auto.
La technologie embarquée s'articule autour de l'impressionnante dalle OLED circulaire centrale, véritable pièce maîtresse de l'ergonomie intérieure. Ultra-réactive, elle propose des graphismes dédiés à l'édition Paul Smith ainsi que des animations sonores et thèmes d'affichage inédits qui remplacent avantageusement les combinés traditionnels. Complété par un affichage tête haute clair et le système audio premium Harman Kardon, le poste de pilotage associe habilement modernité numérique et petites attentions ludiques, telle que la clé virtuelle à bascule.
Aux places arrière, la Mini Cooper SE ne fait pas de miracle et reste fidèle à son architecture de citadine trois portes compacte. Si l'accès demande un brin de souplesse, deux adultes pourront s’y installer pour de courts trajets, même si l'espace aux jambes et la garde au toit restent comptés pour les plus grands gabarits. Le vaste toit panoramique vitré apporte heureusement une belle luminosité qui évite d'avoir une sensation de confinement à bord.
Côté aspects pratiques, le coffre affiche un volume modeste de 210 litres en configuration standard, suffisant pour glisser deux valises cabine ou les courses de la semaine. Sur nos 1 000 km d'essai au long cours, il aura fallu jouer de la modularité : la banquette arrière rabattable en 50/50 permet de porter le volume à plus de 800 litres pour transporter les bagages de deux personnes sans compromis. Une capacité mesurée qui confirme que la belle anglaise privilégie définitivement le style et le plaisir de voyager à deux plutôt que le déménagement !
La conduite
Les choses sérieuses commencent lorsque l'on prend le volant de cette Mini Cooper SE, et le coup de cœur se confirme immédiatement sur la route. On apprécie particulièrement la position de conduite et la facilité déconcertante pour trouver les commandes principales, l'ergonomie tombant naturellement sous la main. Bien installé dans ses sièges enveloppants, le conducteur fait rapidement corps avec l'auto et prend ses marques en quelques secondes seulement.
Sur le plan dynamique, la petite anglaise s'appuie sur une direction à la fois extrêmement précise et très communicative, transmettant fidèlement les remontées d'informations du train avant. Servie par un moteur électrique synchrone délivrant 218 ch et un couple instantané de 330 Nm, la réponse à l'accélérateur est immédiate (avec un 0 à 100 km/h expédié en 6,7 secondes). On prend un plaisir immense à enchaîner les virages en plaçant le train avant au millimètre près.
Directement lié à ce toucher de route très direct et à cette direction incisive, le confort de suspension s'avère en revanche bien dur. Fidèle à la tradition des Mini et au fameux feeling de "karting", l'amortissement verrouille le roulis au détriment de la filtration des imperfections de la chaussée. Si les revêtements dégradés et les saignées se font franchement ressentir dans les vertèbres sur longs trajets, c'est le prix à payer pour profiter d'une agilité et d'un comportement routier aussi rigoureux.
Enfin, du côté du bilan énergétique et de la recharge, notre parcours de 950 km s'est soldé par une excellente surprise avec une consommation moyenne relevée de seulement 13,5 kWh/100 km. Mieux encore : malgré les 218 ch sous la pédale de droite, il est tout à fait possible de descendre sous les 10 kWh/100 km en utilisation urbaine ! Associée à une batterie d'une capacité utile de 49,2 kWh, l'auto offre une polyvalence appréciable, d'autant que le pic de recharge rapide en courant continu (DC jusqu'à 95 kW) est atteint très facilement pour enchaîner rapidement les kilomètres sur borne rapide.
Notre bilan
À l’heure du bilan après ces 950 km à son volant, cette Mini Cooper SE Paul Smith confirme qu'elle est un véritable objet de désir roulant. Elle combine avec brio l'esprit "karting" indissociable du blason britannique — avec un châssis dynamique, une direction ultra-communicative et une efficience remarquable sous les 13,5 kWh/100 km — à l'élégance couture raffinée du designer anglais. Toutefois, ce positionnement exclusif se paye au prix fort : proposée à partir de 41 200 € dans cette configuration très haut de gamme, l'addition s'avère salée pour une citadine trois portes. Le tarif imposant et la fermeté assumée du filtrage de suspension la réservent avant tout aux passionnés de style prêts à craquer pour un modèle collector au quotidien.
Côté concurrence, la puce d'Oxford trouve peu de rivales directes en mesure de proposer un tel niveau d'exclusivité esthétique sur le segment des citadines électriques chic. Face à elle, une Fiat 500e mise sur son charme italien et un tarif bien plus doux mais s'incline en matière de puissance et d'espace intérieur. Sur un registre nettement plus sportif et polyvalent, la récente Alpine A290 vient jouer les trouble-fêtes avec son agilité tricolore, tandis que la Cupra Born ou la Smart #1 offrent plus d'habitabilité et de praticité familiale pour un budget équivalent. Mais aucune d'entre elles ne saurait offrir le supplément d'âme stylistique, le chic inimitable et la griffe créateur portés par cette édition Paul Smith.
Par Romain L. (@luniversderomain) / Photos Lilian T.

























