Pionnier des SUV familiaux hybrides, le Mitsubishi Outlander de quatrième génération a débarqué sur le continent européen en 2024. Descendant d'une saga à succès, il poursuit sa carrière discrètement au sein du catalogue de la marque nippone. Et pourtant, il ne manque pas d'atouts pour séduire ! C'est ce que nous avons voulu vérifier en prenant le volant de la finition d'entrée de gamme Invite durant quelques jours...
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L'Outlander, c’est une histoire qui commence en 2007 sur le marché européen pour le fabricant japonais. D'abord comme simple clône des Peugeot 4007 et Citroën C-Crosser jusqu'en 2012, il sera renouvelé en 2013 avec l'arrivée d'une troisième génération. D'abord disponible uniquement en thermique, le "coup de maître" de la marque débarque en 2014 : le SUV devient disponible en version hybride rechargeable ! Et cela va payer. Franchissant la barre des 100 000 ventes sur le marché européen en 2017, il représente sur cette même année pas moins de 13% des ventes de véhicules hybrides / électriques en Europe ! Un beau succès pour, on peut le dire, un précurseur dans cette catégorie.
La carrière de cette troisième génération va courir jusqu'en 2021 avant d'être remplacé par une quatrième génération. Néanmoins les plus connaisseurs le savent, c'est aussi cette année là que le modèle disparaît des radars en Europe. Et pour cause : le SUV n'était au départ pas destiné à revenir sur notre sol... ce qu'il va pourtant faire en 2024 ! Il arrive en effet il y a 2 ans dans sa version restylée et exclusivement en hybride rechargeable. Sauf qu'il est aujourd'hui loin d'être seul dans sa catégorie. Nous avons ainsi voulu nous en faire une idée en prenant le volant de sa version entrée de gamme Invite.
Sommaire
1. Le design extérieur
2. L'intérieur
3. La conduite
4. La miniature
5. Le bilan
Le design extérieur
Le premier constat que l'on peut faire c'est une rupture forte avec la génération précédente, en particulier au niveau de la face avant. Inspiré du concept du Mitsubishi Engelberg Tourer, ses feux divisés en deux blocs sont caractéristiques de la gamme, communs aux Eclipse Cross d'ancienne génération ou encore au L200. Il fait aujourd'hui figure de résistant face au remplacement des autres modèles par des jumeaux de la marque au losange. Si la présence de chrome peut surprendre au premier abord, il est bien intégré et crée une face avant plutôt harmonieuse.



A l'arrière, le design est plus consensuel et peut rappeler les Honda CR-V, Toyota RAV4 voire Renault Espace. En somme la face arrière est plus épurée, moins personnelle que la face avant. En latéral, le décroché presque à angle droit de la troisième vitre est plutôt original ; on retrouve là aussi du chrome qui s'intègre une fois de plus très bien au design global de l'Outlander. L'aspect global de la voiture est assez massif avec ses 4.72 m de long.

L'intérieur
Le tableau de bord reste simple et très agréable à utiliser. L'environnement ne déborde pas de boutons, seuls les plus utiles sont présents. L'écran de 12,3 pouces est ni trop grand ni trop petit et assez réactif. Petit bémol commun à beaucoup de modèles sur le marché : la cartographie et la recherche d'itinéraire "maisons". On privilégiera en effet Android Auto ou Apple CarPlay, solutions qui se connectent sans difficulté. Le système audio Yamaha est d'une bonne qualité avec un réglage aux petits oignons en fonction de ses préférences. Le sélecteur de vitesse est massif mais aussi facile à prendre en main.
Côté habitabilité, l'Outlander offre des volumes généreux : avec une hauteur de 1,75 m, les grands gabarits seront à l'aise aussi bien à l'avant qu'à l'arrière. Si notre version Invite ne dispose pas de la sellerie cuir réservée aux finitions plus hautes, la sellerie en tissu noir fait bien le job... et est moins salissante ! Le volume de coffre est annoncé pour 472 litres, un volume de chargement honnête pour la catégorie, forcément limité par la présence des rangements des câbles de recharge. Une fois la banquette rabattue, il monte à 1392 litres. Seul regret : les versions 7 places ne sont pas disponibles sur notre marché ; dommage dans cette catégorie.
La conduite
Il est maintenant temps de prendre le volant de cet Outlander. Unique motorisation disponible sur le modèle, on retrouve sous le capot le 2,4 L DOHC MIVEC de 136 chevaux accompagné de deux moteurs électriques : un avant de 85 kW, un arrière de 100 kW. La puissance cumulée de l'ensemble fait 306 chevaux pour plus de 2 tonnes à mouvoir.
Première impression en s'installant derrière le volant : la proéminance du capot. Depuis le poste de conduite, ce dernier apparaît massif ; pour les non-initiés, il faut un certain temps d'adaptation pour se mettre en tête le gabarit ! Une fois bien en main, il s'avère agréable à emmener. Malgré le poids, le comportement est loin d'être pataud et la direction se montre même plutôt souple. Le moteur répond très vite si on sollicite la pédale et c'est très agréable, notamment en dépassement. Aussi, les 5 niveaux de freinage régénératif sont bien étagées et permettent de limiter à la fois l'utilisation de la pédale de gauche et de récupérer de l'autonomie. A noter que le mode One Pedal est aussi disponible sur l'Outlander.
Côté consommation, cette dernière varie fortement en fonction du mode de gestion de la batterie choisis. 4 modes sont sélectionnables : "normal", la voiture décide d'utiliser le thermique et/ou l'électrique ; "save", la batterie est économisée ; "charge", le moteur thermique charge la batterie, "EV", qui priorise l'utilisation de la batterie (autonomie annoncée de 88 kilomètres). Deux prises de charge sont implantées : la CHAdeMO, pour les bornes hautes puissances mais peu fréquentes dans nos contrées, la Type 2, pour les recharges en courant alternatif.
Hormis sur des trajets exclusivement urbains où le mode EV a toute sa pertinence, nous avons durant l'essai quasi uniquement utilisé le mode save qui est un bon compromis sur de longues distances. Le mode charge est lui assez peu pertinent, affectant la consommation de l'Outlander puisque puisant sur le moteur thermique même sur les phases à l'arrêt. Au final, nos trajets périurbains tournent autour des 5l/100 km, une belle surprise. En revanche sur autoroute les valeurs s'envolent vite au-delà des 8l/100 km. Chose rare pour être soulignée, nos observations côté consommation sur l'essai sont légèrement en-deçà des annonces du constructeur !
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Nous sommes bien sûr en présence d'une boîte à variation continue ; premier essai pour ma part sur ce type de transmission, je dois avouer qu'elle m'a convaincu. Aucun à-coup, un niveau sonore qui reste faible même en sollicitant plus franchement la pédale ; une belle découverte. L'Outlander est plutôt réactif et ce malgré son poids avec un 0 à 100 abattu en 7,9 secondes. 3 modes de conduite peuvent être sélectionnés : Power, Eco et Normal, ajustant la réponse de la pédale ou encore le contrôle du freinage. 4 autres modes viennent s'ajouter : Tarmac, Gravel, Snow et Mud, un vrai 4x4... ou presque !
Il bénéficie en effet de la transmission intégrale et du système S-AWC, qui ajuste en temps réel la répartition du couple entre les roues avant et arrière afin d’optimiser la motricité, la stabilité et l’adhérence sur tous types de surfaces. Ayant eu l'occasion d'effectuer un test dans quelques chemins boueux et malgré des pneus typés été, l'activation du mode Mud est efficace et limite clairement le patinage.
La miniature
Ce Mitsubishi Outlander de quatrième génération est bien proposé en miniature à l'échelle 1/43 uniquement. Deux versions existent. D'abord un modèle "concession" japonais (illustration du haut) avec une finition plutôt standard et trouvable assez aisément autour des 30 € (coloris noir et blanc). Aussi une version davantage "collection" réduite par Kyosho avec une multitude de petits détails dont le monogramme de capot, disponible aussi en noir et en blanc. Cette dernière se trouve à des tarifs plus élevés (souvent plus de 70 €) et comme la première est à importer de l'étranger.
Mitsubishi Outlander 2026
- Mitsubishi Outlander 2.4 MIVEC PHEV 306 4WD - 306 ch (225 kW) / Batterie 22.7 kWh / Consommation mixte de 5,3 L/100 km en ville à 8,5 L/100 km sur autoroute / Prix à partir de 52 090 € (finition Invite) à 66 590 € (finition Instyle+)
Avec cette quatrième génération arrivée en "décalé" en Europe par rapport à son lancement, le Mitsubishi Outlander revient sur le marché européen avec des arguments qui ont fait son succès sur la génération précédente. Son principal point fort reste clairement son agrément d’utilisation. Confortable, silencieux, spacieux et rassurant à conduire, il se montre particulièrement pertinent sur les trajets périurbains où sa consommation peut rester très contenue en jouant avec les modes de gestion de la batterie. La transmission intégrale S-AWC apporte également un vrai plus sur routes difficiles ou chemins dégradés, ce qui devient rare dans une catégorie où beaucoup de SUV privilégient surtout l’image.
Surtout, il s'agit aujourd'hui du dernier survivant de l'ancienne gamme de la marque, ce qui lui permet de se démarquer en restant toujours à la page. Aussi, la finition entrée de gamme est à notre goût suffisante, bien qu'il faille faire l'impasse sur certains équipements. Tout n’est cependant pas parfait. Sur autoroute, la consommation grimpe logiquement davantage. Le tarif peut également freiner certains acheteurs, même si son placement est plutôt bon vis-à-vis de la concurrence. Enfin, l’absence d’une version 7 places sur le marché français est regrettable pour un SUV familial de ce format.
Enfin, une des points forts de la marque est bien sûr la garantie : 8 ans ou 160 000 kilomètres !

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Par Anatole C. , photos Sarah B. et Swann C.