Haut de gamme et figure de proue de la marque Volvo, le XC90 s'est vu rajeunir fin 2024 à l'occasion d'un second restylage, plutôt rare dans le paysage automobile moderne. Son frère tout électrique sorti lui aussi fin 2024, le EX90, est donc de 10 ans son cadet. À travers ce lifting, la marque suédoise veut nous prouver que le XC90 est toujours dans le coup. Est-ce vraiment le cas ? Découvrons-le à travers cet article...
Sorti en 2002, la première génération de XC90 fut un succès. Produit à plus de 600 000 exemplaires jusqu'en 2014, il était tout naturel de développer une deuxième génération, sortie en 2015 et toujours en vente en 2026. À notre époque moderne, c'est extrêmement rare d'observer de telles longévités. Pour comparaison, il y a eut cinq génération de Golf sur la même durée !
En général, cela montre à quel point le développement de ces modèles est poussé et en avance par rapport aux concurrents. Mais est-ce que ce XC90 mis à jour est pour autant toujours dans le coup ? C'est ce que nous allons voir.
Notre modèle d'essai possède la finition haute "Ultra" et la motorisation "T8", qui correspond à un hybride rechargeable AWD (4 roues motrices) de 406 ch avec une batterie de 19 kWh.
Le design extérieur
Le design du Volvo XC90 fait partie de ces designs justes et intemporels.
Désireux de changer leur style global dans les années 2010, il paraissait évident pour Volvo d'utiliser le XC90 comme inaugurateur. On retrouve toujours sur les modèles récents les gimmicks apparus avec le XC90 II en 2015, notamment la forme des feux avant et arrière. Ces modèles n'ont fait qu'évoluer légèrement le style de 2015, dans un esprit de continuité.
Voir notre article sur le EX30 : Volvo EX30 Twin Performance Ultra : le SUV urbain électrique suédois !
Tout ça pour dire que globalement, le XC90 ne semble pas déphasé avec le reste de la gamme actuelle Volvo, mais aussi par rapport à ces concurrents modernes.
La phase III apparue en 2024 a tout de même apportée quelques changements au design original. Le plus notable et celui qui a eut le plus d'effet sur les personnes rencontrées durant notre essai se situe à l'avant : la calandre. Entièrement chromée, elle intègre le logo Volvo, modernisé, dans un jeu de bandes diagonales, parallèles à celle du logo.
Cela change des bandes verticales plus classiques de la phase précédente. Les optiques sont également revues et affinées. Le marteau de Thor est évidemment toujours présent, mais la signature lumineuse se complexifie, exposant cette fois le contour du marteau.
Le reste du pare-chocs est également revu, avec des inserts décoratifs verticaux au lieu d'horizontaux précédemment.
À l'arrière, les changements sont très limités. Les feux verticaux, si typiques des Volvo depuis la 850, restent semblables mais optent pour un fond rouge plus sombre.
Le pare-chocs incorpore une nouvelle barrette chromée tout du long, compensant la disparition de l'ornement des deux pots d'échappement puisque ceux-ci sont désormais camouflés.
De profil, de nouvelles jantes 22'' à 7 branches doubles continuent de rajeunir l'aspect du XC90, tout en affirmant sa prestance et son côté luxueux sur la route.
Notre modèle possède la teinte Argent Magnétique, qui a clairement un penchant rosâtre, en accord sur le thème du luxe et du précieux entamé par la calandre chromée et les jantes 22''.
De nombreuses teintes sont disponibles, toutes offrant un rendu classe et haut de gamme, en particulier les teintes colorées :
- Blanc Polaire
- Noir Onyx
- Blanc Cristal
- Bleu Denim
- Gris Brume
- Argent Magnétique
- Argent Crépuscule
- Vert Séquoia
- Rouge Érable
D'un point de vue gamme, l'organisation est on ne peut plus simple, puisque vous avez trois alternatives :
- Start (finition basse) à partir de 99 500 €
- Ultra (finition haute) à partir de 108 500 €
- Black Edition (finition haute, chromes peints en noir) à partir de 110 900 €
Déjà très complète en Start, la finition Ultra rajoute une caméra 360°, un système audio Harman Kardon, l'affichage tête haute, le toit ouvrant panoramique, le volant chauffant et le levier de vitesse en cristal.
En somme, le XC90 2024 est l'archétype d'un restylage réussi. Pas de modifications importantes incohérentes avec le design global. Seulement une nouvelle calandre, des optiques revus, des nouvelles jantes ainsi qu'une nouvelle palette de couleurs.
L'intérieur
Les technologies évoluent rapidement, surtout celles utilisant de nombreux composants électroniques. Dans un monde où nous possédons des smartphones ultra rapides et performants, nous sommes devenus plus que jamais exigeants en matière d'interfaces homme-machine. Cela, les constructeurs s'en rendent compte, en particulier ici Volvo dans la mise à jour du XC90.
Les sièges, le volant, les intérieurs de porte, la console centrale... Rien de nouveau à déclarer. Le cœur de la mise à jour de fin 2024 se situe dans les deux écrans de cet intérieur, à savoir le combiné conducteur et l'écran d'info-divertissement central.
Bien que leur disposition soit inchangée, leur fonctionnement est grandement amélioré puisqu'il repose désormais sur la même base que les récents EX30 et EX90. L'écran central a d'ailleurs été légèrement agrandi. Très peu de délai et aucun bug n'est à signalé, rendant l'expérience d'utilisation agréable, point important sachant qu'il y a très peu de boutons physiques présents dans cet intérieur.
Pour les non initiés à cet intérieur aussi vaste que laisse présager les dimensions extérieures, sachez qu'il est étonnement astucieux et familial pour un véhicule aussi haut de gamme.
Les passager arrière ont le droit à un panneau de contrôle de la ventilation et des sièges chauffant, ainsi que des aérations latérales et une prise USB. Le siège central est particulièrement malin, puisque outre un confort d'usage assuré (plancher plat, bonne largeur d'assise), il peut se rabattre individuellement, servir d'accoudoir central et même de siège pour enfant en relevant une partie de l'assise !
Tout à l'arrière, les astuces pratiques continuent. D'abord, il y a deux places rabattables dans le plancher du coffre, mais suffisamment grandes pour y mettre de grands enfants, voir des adultes. C'est donc une vraie 7 places.
Dans le coffre, vous trouverez un séparateur, de multiples crochets et même un bouton permettant de baisser le seuil de chargement en agissant sur la suspension pneumatique de la voiture pour faciliter le chargement d'objets lourds. La capacité avec les 7 places utilisées est de 262 l, avec 5 places de 668 et tous sièges rabattus de 1 148 l.
La trousse de secours est visible et directement accessible, sécurité oblige. Eh oui, nous sommes bien dans une Volvo !
SUV du segment luxe oblige, la finition intérieure est soignée. Les pare-soleils et les poignées sont recouverts de cuir, les montants sont en alcantara, les éclairages sont feutrés, et les touches de bois, de chrome et d'aluminium sont savamment réparties sur les différentes surfaces pour ne jamais tomber dans le "too much".
La pièce maîtresse de cet intérieur est sans conteste le levier de vitesse en cristal, fabriqué par une entreprise suédoise, qui est du plus bel effet.
La conduite
Jusqu'à présent, nous avons évoqué la qualité de conception originelle du XC90, le design réussi, l'intérieur astucieux, la technologie à la page et un restylage plein de succès.
Cependant, il nous reste à aborder un point important, la conduite.
Vous ne vous en rendez peut-être pas compte sur les photos, mais le XC90 est véritablement grand. Il mesure 4,95 m de long pour 2,14 m de large et 1,77 m de haut. Cela se ressent sur la conduite, puisque chaque trajet urbain à son bord nous donne l'impression de conduire une camionnette.
Les petites rues donnent du fil à retordre pour les emprunter et la plupart des places de parking sont trop étroites ou pas assez longues. Heureusement, il se fait pardonner à moitié en offrant une bonne visibilité, pas trop d'angles morts et de nombreuses caméras qui aident beaucoup au stationnement.
Hors des villes, la conduite est tout autre. Sur les grandes routes, c'est là qu'il brille. Le confort est absolu, grâce à la bonne insonorisation, aux double vitrage et à la suspension à air. Cette dernière est une option à 2 450 €, présente sur notre modèle d'essai.
La suspension pneumatique active monitore en temps réel le comportement de la voiture pour ajuster automatiquement la hauteur de caisse. À haute vitesse, la voiture s'abaisse de 20 mm de sa position nominale, pour une meilleure aérodynamique. À l'inverse, elle peut monter jusqu'à 40 mm si elle détecte une conduite sur route accidentée. Cela offre un débattement total de 60 mm, qui peut être ajusté manuellement par le conducteur.
Une seule motorisation est disponible pour cette phase 3, suivant une logique de simplification de la gamme. Exit les petites motorisations, maintenant tout le monde aura le droit à la plus puissante, la T8 AWD.
Hybride rechargeable de 406 ch, la consommation annoncée est de 3,4 à 3,8 l/100 km. Comme toutes les hybrides rechargeables, la consommation réelle varie énormément selon votre usage. En tout électrique, vous pouvez faire une bonne cinquantaine de kilomètre, atteignant ainsi une consommation de carburant nulle. Au contraire, si vous décidez de ne jamais la recharger, ce que nous avons fait pendant l'essai, vous aurez une consommation d'environ 10 l/100 km. Dans l'absolu, ce n'est pas si mal pour un SUV 7 places de luxe pesant 2,4 tonnes !
D'un point de vue souplesse d'usage, la motorisation T8 est géniale. La boite de vitesses Geartronic à 8 rapports n'a quasiment pas de délai, et le moteur a du répondant. La transmission intégrale AWD vous assurera une traction excellente sous n'importe quelle météo ou revêtement.
Côté moteur, le 4 cylindres turbo essence de 2.0 l est plus que suffisant à faire avancer le XC90. En effet, contrairement à certaines hybrides rechargeables qui sont conçu avec un tout petit moteur afin de fonctionner en 50/50 % avec le moteur électrique, la motorisation T8 possède un moteur thermique surdimensionné par rapport à l'électrique.
Si nous ne vous disions pas qu'il était rechargeable lors de l'essai du XC90, vous ne vous en douteriez sûrement pas, pensant que c'est un hybride simple. À vrai dire, nous pensons que la plupart des gens l'utiliserons ainsi, comme un hybride classique.
D'ailleurs, le réservoir d'essence de 70 l ne viendra pas contrecarrer cette envie, si tel est le cas, et il vous donnera la possibilité d'avaler les kilomètres sans se soucier constamment du plein ou de la recharge.
Notre bilan
Comprenant que le marché s'oriente vers un mixte de motorisations (électrique et thermique), Volvo à renoncer à son plan d'électrification totale d'ici 2030. La marque a alors fait le choix de prolonger sa gamme hybride actuelle, en la mettant au goût du jour.
Le XC90 fait naturellement partie de cette campagne de rafraichissement, lui qui, en 2015, a lancé le style actuel de la marque, tant apprécié par le grand public. Il se voit alors offrir une troisième phase fin 2024.
Les changement les plus notables sont les plus importants puisqu'ils concernent l'apparence extérieure et la performance de la technologie embarquée.
La gamme s'est vue simplifiée : 3 finitions (Start, Ultra, Back Edition), 1 motorisation.
L'hybride rechargeable "T8 AWD" et le confort de conduite, surtout avec la suspension pneumatique optionnelle, révèlent un vrai caractère de routière, et transforme les longs trajets en voyage agréable.
Ne comptez en revanche pas sur une utilisation urbaine fréquente, à cause de sa grande taille. Ne comptez pas non plus faire des économies de carburant monumentales, sauf si votre usage correspond parfaitement aux particularités d'un hybride rechargeable. Votre consommation variera entre 0 (tout électrique), 5 (utilisation combinée) et 10 l/100 km (sans recharge de la batterie), en fonction de l'usage que vous faites de la batterie de 19 kWh.
Finalement, nous pouvons conclure que le XC90 reste toujours dans le coup, même 11 ans après sa sortie. La phase 3 de fin 2024 lui a apporté suffisamment de changement pour le moderniser, tout en gardant la forme globale originelle.
Plus de 100 000 € vous serons nécessaire pour acquérir ce haut de gamme Volvo (115 000 € pour notre modèle d'essai).
Mais vous savez ce qu'on dit, la qualité n'a pas de prix !
Par Jean Moins