Vous aimez la prestance des grands SUV haut de gamme et l'agrément de conduite des citadines électriques ? Ne bougez pas, l'EX90 est fait pour vous ! Nouveau mastodonte électrique de la marque suédoise, il incarne la vision future de la marque, de par son luxe, son design et son habitabilité. Comparable au XC90 de loin, il n'a en fait strictement rien à voir et ne repose pas sur la même plateforme. Découvrez-le avec nous dans cet article...
Lorsque Volvo a présenté le XC90 de deuxième génération en 2015, celui-ci s'est rapidement imposé comme l'un des SUV premium les plus appréciés du marché, confirmant le statut acquis de la première génération. Son design intemporel, son sens pratique et son confort en ont fait une référence durable, toujours d'actualité en 2026.
Voir notre article sur le Volvo XC90 :
Depuis, les temps ont changé. Face à l'électrification du marché automobile, Volvo devait proposer un successeur capable d'incarner l'avenir de la marque. C'est ainsi qu'est né l'EX90.
Sorti en 2024, l'EX90 vient concurrencer les références du marché des grands SUV électriques, tel que le Tesla Model X, le Kia EV9 ou encore le Mercedes EQS SUV. Il reprend les codes de design extérieur et intérieur des autres modèles électriques de la gamme, notamment l'EX30, sorti un an auparavant.
Voir notre article sur le Volvo EX30 :
Notre modèle d'essai possède la finition intermédiaire "Plus" et la motorisation "Single" de 279 ch, couplée à une batterie de 104 kWh.
Alors, à quoi ressemble l'EX90 ? Découvrons-le ensemble.
Le design extérieur
Bien qu'il partage de nombreux traits avec le XC90, l'EX90 est entièrement nouveau, et développé dès le départ comme un véhicule électrique.
Il est le premier modèle construit sur la plateforme SPA2, évolution profonde de la STA sur laquelle est construite le XC90. La différence ? Là où la SPA ne pouvait accueillir que des motorisations thermiques, parfois hybrides voire hybrides rechargeables, la SPA2 est entièrement dédiée aux modèles électriques.
Cette parenthèse technique nous permet de mieux comprendre le design similaire. Cela va de pair avec la réputation de la marque, qui a toujours été connue pour faire évoluer le design de ses modèles à petit feu, les raffinant année après année.
Ici en l'occurrence, Volvo n'a pas cherché à révolutionner son style, préférant faire évoluer une recette qui fonctionne déjà très bien depuis une dizaine d'années.
La face avant adopte une calandre entièrement fermée, comme son petit frère l'EX30.
Les optiques conservent la célèbre signature lumineuse en forme de marteau de Thor, mais celle-ci gagne en sophistication avec un effet d'ouverture particulièrement réussi lors de l'activation des feux de croisement ou de route. On n'avait plus vu de danses physiques des phares avant depuis la disparition des "pop-up", les phares escamotables.
Le profil est quant à lui plus fluide. Les poignées affleurantes, les surfaces épurées et les jantes aérodynamiques 8 branches 21" participent à améliorer l'efficience tout en donnant davantage de modernité à l'ensemble.
Malgré ses 5,04 m de long, l'EX90 conserve une élégance typiquement scandinave. Là où certains concurrents cherchent à impressionner par l'agressivité, Volvo mise sur la sobriété et un design équilibré.
Derrière, il n'y a pas de doute non plus, c'est bien une Volvo. On remarque tout de même que la signature lumineuse est revisitée et, à l'instar de l'EX30, sépare les barres de feux verticales en deux.
Un becquet vient assoir le rendu visuel et atténue les 1,74 m de hauteur. On a aussi le droit à une grande fenêtre arrière, fait assez rare à une époque où tous les vitrages derrière le conducteur sont rétrécis comme des meurtrières.
Il est vrai que peu de voitures modernes peuvent se permettre des lignes fluides et soignées tout en gardant une bonne surface vitrée. Encore la preuve d'un design réussi !
L'EX90 est sorti en 2024 avec trois niveaux de finition : Start, Plus et Ultra. Par soucis de simplification de la gamme, la première finition a été retirée. Cela veut dire que pour cette année 2026, vous avez d'office la finition "intermédiaire" Plus, finition qui équipe notre modèle d'essai.
Vous pouvez également choisir la finition "haute" Ultra, qui rajoute essentiellement des équipements d'agrément, dont les sièges avant massant, les vitrages feuilletés et la sellerie perforée.
Comme le reste de la gamme Volvo, de nombreuses teintes sont disponibles, toutes offrant un rendu classe et haut de gamme. Notre modèle arbore la teinte Rouge Erable, particulièrement alléchante.
Pour 1 150 €, hormis la teinte de série, vous pouvez optez pour n'importe quelle teinte suivante :
- Gris Brume (teinte de série)
- Noir Onyx
- Blanc Cristal
- Bleu Denim
- Argent Magnétique
- Sable Dune
- Vert Séquoia
- Rouge Érable
D'un point de vue tarif de gamme 2026, voici l'organisation :
- Plus motorisation SINGLE à partir de 95 700 €
- Plus motorisation TWIN à partir de 101 500 €
- Ultra motorisation TWIN à partir de 107 700 €
- Ultra motorisation TWIN PERFORMANCE à partir de 113 000 €
Par curiosité, nous avons joué avec le configurateur Volvo quelques instants. Sachez que même en commençant directement avec la version Ultra Twin Performance, vous pouvez faire grimper la facture jusqu'à 128 100 €, comprenant une sellerie cuir nappa ventilé Cardamome, un système audio Bowers & Wilkins et une suspension pneumatique active, entre autres.
L'intérieur
L'intérieur de l'EX90 suit le même schéma d'évolution douce que le design de l'extérieur. L'ambiance générale reste fidèle à l'esprit Volvo : matériaux chaleureux, lignes simples et sensation d'espace omniprésente.
Cependant, l'approche est désormais beaucoup plus technologique. L'immense écran central vertical devient le véritable centre de contrôle du véhicule. Le levier de vitesse central disparaît et laisse la place à un gros bouton contrôlant le volume de la radio.
Les fonctions d'essuie-glace sont regroupées sur le commodo des clignotants pour faire de la place au levier de vitesse, désormais derrière le volant. L'ensemble est complété par un combiné numérique horizontal et un affichage tête haute particulièrement lisible.
L'interface développée sur base Google est rapide, intuitive et largement plus moderne que ce que proposaient les précédents modèles de la marque. C'est facile de naviguer entre les menus et nous n'avons rencontré aucun bug lors de notre essai.
En revanche, le fait d'avoir mis un si grand écran condamne l'implémentation de réglages physiques, faute de place restante sur la planche de bord. Au lieu du quart inférieur de l'écran, nous aurions préférez un panneau de contrôle de la ventilation par exemple.
Évidemment, ce genre de remarque est subjective et certaines personnes préfère au contraire avoir le moins de boutons possibles sur la planche de bord. À vous d'essayer pour vous faire un avis !
Heureusement, Volvo n'a pas oublié ce qui a fait son succès. L'EX90 demeure avant tout un grand SUV familial. Les places arrière sont généreuses et possèdent leur propre réglage de ventilation. Le siège central est indépendant et peut servir d'accoudoir s'il n'est pas utilisé.
La troisième rangée peut réellement accueillir deux passagers, et l'accès n'est pas trop compliqué. Elles n'empiètent pas trop sur le volume du coffre non plus, qui reste acceptable même en configuration 7 places.
Alors oui, les proportions de cette automobile sont géantes (5,04 m de long, 2,11 m de large et 1,74 m de haut), mais au moins l'intérieur en bénéficie directement, pour le plus grand plaisir de ses passagers.
À l'arrière, le coffre surprend par son volume utile. 697 litres en configuration standard 5 places, c'est 30 % de plus qu'une 508 SW, qui n'est déjà pas considérée comme une petite voiture. En configuration 7 places ? 324 l, c'est plus grand que le coffre d'une Clio VI E-Tech. Tous sièges rabattus ? On arrive à un volume de 2 135 l, digne d'un petit utilitaire.
Sous le plancher, vous trouverez en plus un espace de rangement large et profond. Et qui dit motorisation électrique dit aussi plus de place à 'avant. Vous avez ainsi à disposition un petit coffre avant de 46 l, idéal pour ranger les câbles de recharge les jours où le coffre est plein par exemple.
Ailleurs dans l'intérieur, la vie est tout aussi spacieuse et pratique. Les ingénieurs suédois auraient-ils un amour inavoué pour les feux monospaces, marché jamais conquis ni même abordé par Volvo, qui a préféré sauter le coche en passant directement des grands breaks aux SUV ?
Nous n'aurons jamais la réponse mais ce qu'on peut vous dire c'est que vous ne manquerez pas d'espaces de rangement, où que ce soit.
En somme, l'impression générale de cet intérieur est celle d'un salon roulant. Les matériaux utilisés à travers l'habitacle participent également à cette philosophie de confort et de somptuosité.
Contrairement à certains véhicules électriques qui tombent dans le minimalisme excessif, l'EX90 conserve une véritable sensation de luxe. Le goût pour les choses bien finies est présent, et les rangements pratiques côtoient les décorations en frêne brun véritable dans une osmose absolue.
De nuit, pas d'éclairage dynamique coloré qui en met plein la vue. En accord avec l'esprit général de cet intérieur, nous avons le droit à un éclairage chaleureux et doux, mais également sophistiqué.
Enfin, Volvo s'amuse à nous rappeler son engagement historique d'un point de vue sécuritaire à travers une petite engravure "SINCE 1959" sur la boucle des ceintures, détail que la plupart des gens ne remarqueront pas du premier coup d'œil.
L'ingénieur Nils Bohlin brevette en 1959 la ceinture de sécurité moderne en installant des points d'ancrage pour des ceintures trois points avec une sangle abdominale et une sangle diagonale. Volvo décide alors de laisser le brevet libre de droits et les autres constructeurs ont pu profiter de cette avancée.
La conduite
S'il y a bien une caractéristique de l'EX90 qui marque une rupture avec le XC90, c'est la conduite.
Jusqu'à présent, nous avons évoqué le design réussi, l'intérieur astucieux et luxueux et la technologie à la page.
Cependant, il nous reste à aborder un point important, la conduite.
Le gabarit étant similaire au XC90, les commentaires sur sa maniabilité dans notre article s'applique ici également. En deux mots : facile à prendre en main, mais pas adapté aux centres-villes.
D'un point de vue insonorisation, les bruits aérodynamiques sont limités et les remontées de roulement particulièrement discrètes.
Sa philosophie reste celle d'une grande routière familiale et la suspension filtre efficacement les irrégularités de la chaussée. Elle contribue à créer cette sensation de sérénité permanente qui caractérise les meilleures Volvo.
Niveau motorisation, il y a trois possibilités :
- Single propulsion 333 ch et 90 kWh NMC lithium-ion 565 km annoncés (celle de notre modèle d'essai)
- Twin AWD 456 ch et 103 kWh NMC lithium-ion 617 km annoncés
- Twin Performance AWD 680 ch et 103 kWh NMC lithium-ion 617 km annoncés
La grande nouveauté de 2026 est le changement d'architecture des batteries, passant de 400 V à 800 V. Concrètement, cela impacte surtout la puissance de charge admissible et donc le temps de charge.
Avec une architecture 800 V, la voiture peut profiter pleinement des bornes ultra rapides de plus de 200 kW de puissance, la où l'ancien modèle en 400 V était limité aux alentours de 200 kW.
Notre modèle d'essai Single étant de 2024, il ne bénéficie pas de l'architecture 800 V. Les recharges sont tout de même assez rapides.
Côté puissance moteur, les 300 ch sont suffisants pour déplacer notre mastodonte de 2,6 tonnes. Difficile à dire si la motorisation Twin apporte un plus, si ce n'est l'adoption des quatre roues motrices. En effet, la puissance passe à environ 450 ch mais le poids augmente et atteint 2,8 tonnes. Pour compenser, la batterie est plus grande, ce qui donne une autonomie légèrement rallongée sur le papier.
En réalité, ce genre de grande puissance implique généralement une propension du conducteur à appuyer sur le champignon d'avantage, et donc à consommer d'avantage. Cela est encore plus vrai avec la Twin Performance et ses 680 ch...
Pendant notre essai, nous avons atteint une consommation de 24 kWh/100 km sur voie rapide et autoroute et 17 kWh/100 km en ville. Si l'on considère alors une consommation mixte de 20,5 kWh/100 km, nous obtenons une autonomie d'environ 450 km, soit 100 km de moins qu'annoncé.
Durant notre essai, nous avons effectués deux recharges :
- Borne Carrefour 100 kW : 19 → 76 % en 1 heure
- Borne PowerDot 200 kW : 54 → 96 % en 35 min
Concernant les recharges, nous avons joué au jeu (stupide) de ne rien préparer, voici notre retour d'expérience :
Les deux bornes utilisées et la plupart des autres bornes demandent un abonnement. Il est toutefois possible de recharger sans, en scannant le QR code affiché.
Cela nous a redirigé vers une page de paiement internet, où nous avons dû rentré nos coordonnées bancaires, comme pour un achat en ligne. Cependant, il y a un plafond de dépense, et ce dernier est assez bas : 30 € chez Carrefour (d'où l'arrêt de la charge à 76 %) et 35 € chez PowerDot. De plus, le prix du kWh est plutôt élevé, respectivement 0,49 €/kWh et 0,35 €/kWh.
Globalement, le processus est vraiment agaçant et c'est frustrant de devoir passer par des applications et des abonnements pour recharger sa voiture. Ne pourrait-on pas avoir un terminal de paiement comme sur une pompe à essence ? Et quid des différences tarifaires injustes avec ou sans abonnement ?
Enfin, que font les gens pendant la recharge ? Sur trois voitures épiées, nous avons vu un couple faire ses courses et partir dès qu'ils sont sortis du magasin. Les deux autres voitures sont venues se brancher uniquement pour recharger. Les personnes ont patienté 30 min dans leur voiture.
Enfin, du côté des aides à la conduite, on peut dire que l'EX90 est bien fourni. Il possède toutes les aides attendues pour une voiture de 2026, et même d'avantage.
D'ailleurs, si vous voulez distinguer un EX90 d'un XC90 du premier coup, regarder juste au-dessus de pare-brise. Si vous voyer une borne de taxi profilée du futur, c'est un EX90 !
Cette protubérance intègre le LiDAR, utile au pilote semi-automatique. Technologie phare des nouvelles Volvo haut de gamme, elle est présente sur l'EX90 et sur l'ES90, de série. Nous n'avons malheureusement pas pu jouer avec cette fois-ci mais nous avons hâte de l'essayer lors d'un prochain essai !
Notre bilan
Avec l'EX90, Volvo ne se contente pas de remplacer le XC90 : la marque suédoise pose les bases de son avenir électrique. Sans révolutionner son identité visuelle, ce grand SUV parvient à moderniser la recette qui a fait le succès de son prédécesseur tout en conservant les qualités essentielles attendues d'une Volvo : confort, sécurité, habitabilité et élégance.
Certes, l'EX90 coûte cher. Très cher même. Notre modèle d'essai était affiché à 95 100 € en 2024. En 2026, une configuration équivalente vous coûterait 98 810 €. Et comme beaucoup de voitures modernes, il cède parfois un peu trop à la mode du tout tactile. Mais une fois ces réserves mises de côté, difficile de ne pas apprécier ses nombreuses qualités.
Son intérieur spacieux et raffiné, sa technologie moderne ainsi que son excellent niveau de confort en font un compagnon de voyage particulièrement agréable. Malgré ses dimensions imposantes, il reste facile à prendre en main et offre une expérience de conduite sereine, fidèle à l'image de la marque.
L'EX90 n'est peut-être pas le SUV électrique le plus démonstratif du marché. Il ne cherche pas à impressionner avec des accélérations absurdes ou un design tapageur. Le recours massif à l'écran central pour certaines commandes pourra diviser, tandis que le prix d'accès élevé le réserve à une clientèle aisée.
Reste que l'EX90 réussit là où il était attendu : il apporte une vraie réponse aux grands SUV électriques premium déjà présents sur le marché, en y ajoutant la vision d'un luxe scandinave moderne, discret et intelligent.
Si vous recherchez un grand SUV familial électrique haut de gamme, l'EX90 mérite clairement de figurer en haut de votre liste d'essais !
Par Jean Moins