Renault 4 E-Tech (2026) : le mini SUV avec une faible consommation et un grand espace !

8 135 424 exemplaires. C'est le score mythique de la "Quatrelle" originelle à travers le monde ! Un volume historique pour un modèle de légende qui a accompagné des générations entières de familles et de baroudeurs. Et pourtant, Renault relève aujourd'hui le pari fou de faire renaître ce monument sous les traits d'un crossover 100 % électrique. L'enjeu est alors stratégique pour la marque au losange qui, après avoir conquis les citadins avec la R5, doit désormais convaincre les familles sans trahir l'esprit pratique de son ancêtre. Alors, pari réussi ? Nous avons pris le volant de cette nouvelle Renault 4 E-Tech dans sa version Techno de 150 ch pour le vérifier…


La stratégie de reconquête de Renault, baptisée Renaulution, repose en grande partie sur un pôle nostalgie savamment orchestré, réveillant les gloires passées pour évangéliser le marché de la voiture électrique. Après le lancement tonitruant de la citadine Renault 5 E-Tech, véritable succès commercial qui a prouvé l'appétence du public pour le néo-rétro branché, la marque au losange accélère son offensive. L'objectif est limpide : bâtir une gamme 100 % électrique structurée, lisible et cohérente, capable de couvrir tous les besoins des automobilistes tout en contenant les assauts de la concurrence chinoise et européenne.

Dans ce plan produit, la Renault 4 E-Tech joue le rôle pivot de la voiture familiale et polyvalente. Elle vient s'intercaler idéalement au centre d'un triptyque historique de poche, un cran au-dessus de la R5 (plus urbaine et dynamique), laquelle domine le segment B, et deux crans au-dessus de la toute nouvelle Twingo électrique. Commercialisée depuis quelques semaines à peine sur le segment A sous la barre symbolique des 15 000 euros, la Twingo a déjà redéfini l'accès à la mobilité urbaine avec sa silhouette de petite grenouille agile. Face à sa petite sœur des villes, la R4 se voit confier la mission d'offrir du volume et de l'espace, capitalisant sur l'esprit "couteau suisse" qui avait fait le succès planétaire de son aînée.



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Le design extérieur

Affichant 4,14 m de longueur, 1,57 m de hauteur et une garde au sol surélevée à 18 cm, la Renault 4 E-Tech s'éloigne du format de la citadine pour embrasser pleinement les codes des SUV compacts. Plus courte de 10 cm qu'un Renault Captur thermique, elle dépasse en revanche la Renault 5 de plusieurs centimètres, s'imposant ainsi comme le pendant électrique des baroudeurs des villes. Elle se positionne également face à une Mini Aceman, plus courte de 10 cm.


Le design extérieur est l’un des points les plus marquants et réussis de ce modèle. L'avant est caractérisé par une véritable prouesse technologique : la première calandre illuminée d’une seule pièce en plexiglas du marché. Disponible dès le deuxième niveau de finition, elle englobe le nouveau logo rétroéclairé et des optiques LED au design très travaillé. Si le rendu visuel nocturne est spectaculaire, l'essai a révélé un petit effet pervers : sa grande surface plane a tendance à faire office de piège à moustiques la nuit. Le bouclier inférieur s'habille de plastiques grainés robustes et d'appendices esthétiques ornés de stickers graphiques.


 


De profil, la filiation avec la 4L historique saute aux yeux. On retrouve le toit plat et droit, la forme si particulière de la troisième vitre latérale (la custode trapézoïdale surteintée) qui intègre un subtil logo certifiant l’origine de la pièce, ainsi que les trois lignes horizontales moulées en bas des portières pour rappeler les anciennes protections en caoutchouc. Notre modèle d’essai en teinte "Gris Urbain" (option à 1100 € avec le pavillon noir) accentuait ce look passe-partout mais chic, complété par de vraies barres de toit chromées et des jantes en alliage de 18 pouces au dessin spécifique. 


 


 

L’arrière se veut tout aussi évocateur avec son hayon vertical façon "taxi londonien", ses feux en trois parties très fins et un bandeau plastique protecteur texturé. C'est surtout le seuil de chargement de seulement 60 cm qui retient l'attention : extrêmement bas pour la catégorie, il offre un accès optimal, sublimé ici par un hayon à ouverture électrique optionnel (400 €).


 


 

Teintes de la Renault 4 E-Tech 2026

  • Brun Terracota (Inclus)
  • Blanc Glacier (+250 €)
  • Gris Urbain (+700 €)
  • Vert Hauts de France (+700 €)
  • Noir Cristal Nacré (+700 €)
  • Rouge Carmin (+700 €)
  • Bleu Nuage (+700 €)

L'intérieur

En s’installant à bord, on découvre un environnement moderne qui partage sa planche de bord avec la R5, mais l'ambiance de cette finition Techno est unique. En lieu et place du traditionnel cuir ou des plastiques durs, Renault a habillé la console, les contreportes et les sièges d'un tissu effet Jean très réussi, rehaussé de surpiqûres bronze. Ce choix de matériau crée une atmosphère de « canapé roulant » particulièrement chaleureuse et présente un intérêt pratique majeur : il s'avère bien plus résistant aux agressions, frottements et rayures du quotidien que les matériaux classiques.


 


 

L'ergonomie générale mêle habilement les technologies d'affichage et les commandes physiques. Les aérateurs horizontaux intègrent des touches de cuivre et se passent de molettes de réglage traditionnelles pour un look plus épuré. Face au conducteur, le double écran incurvé regroupe l'instrumentation numérique et l'affichage central. La console centrale offre de nombreux aspects pratiques : zone de charge par induction pour smartphone, deux ports USB-C, une prise 12V et un grand vide-poches (qui accueillait lors de notre essai la réplique miniature au 1/64e du véhicule !). Un bémol est toutefois à noter concernant la boîte à gants, dont le volume est si réduit qu'elle ne sert que de décoration.


 


 


C’est sur l’habitabilité que la R4 fait la différence avec sa petite sœur. La banquette arrière se montre extrêmement moelleuse et confortable. L'espace y est généreux pour les enfants. Pour les adultes, deux bémols sont apparus lors de l'essai : l'accès aux places arrière demande un peu de souplesse à cause de portes assez étroites, et surtout, l’absence de "cave à pieds" creusée sous les sièges avant (en raison de l’épaisseur de la batterie logée dans le plancher) force les passagers à voyager avec les genoux relevés, une position qui peut s'avérer fatigante sur long trajet. 


 

Côté coffre, le volume est excellent pour le segment avec 410 litres. On apprécie les détails pratiques comme les sangles de maintien bleu-blanc-rouge ou les motifs "4" moulés sur les parois. À noter qu'il n'y a pas de double fond dédié aux câbles de recharge : ceux-ci doivent être rangés dans des sacoches directement fixées dans le coffre.


 


La conduite

Techniquement, notre Renault 4 d'essai disposait de la configuration haute : le moteur électrique de 150 chevaux associé à la batterie de 52 kWh (appelée autonomie confort). La gamme propose aussi une version d’entrée de gamme "Évolution" de 120 ch avec batterie de 40 kWh.

Sur la route, le comportement routier est une révélation. Profitant d'un centre de gravité bas grâce aux batteries logées dans le châssis, la voiture offre une conduite dynamique et incisive. La direction est précise et directe, éliminant totalement le flou que l’on peut parfois ressentir au volant d’un Captur thermique. Le confort de suspension est remarquable : là où une R5 ou une Mini Aceman ont tendance à se montrer fermes et à "taper" sur les irrégularités de la chaussée, la R4 survole les dégradations des routes de campagne avec une grande souplesse, sans pour autant générer de mouvements de caisse désagréables. Les relances et les accélérations du moteur de 150 ch sont franches et sécurisantes.


 

La grande nouveauté de ce millésime chez Renault est l’introduction du système One Pedal. Gérée via les palettes situées derrière le volant (qui permettent de régler l'intensité de la régénération sur 4 niveaux), cette fonction permet de ralentir le véhicule jusqu’à l’arrêt complet en relâchant simplement l’accélérateur. En ville, ce système transforme l'expérience de conduite, apportant un confort de marche exceptionnel.


Côté autonomie et consommation, le bilan est très positif en conditions clémentes. Par une température idéale de 23°C, nous avons enregistré une consommation moyenne de 13,5 kWh/100 km en usage mixte (route/campagne) et moins de 12 kWh/100 km en ville. Sur notre trajet autoroutier et voies rapides (stabilisé au régulateur à 112 km/h) entre la Mayenne et Paris, la consommation est montée à 14,5 kWh/100 km. Avec sa batterie de 52 kWh, la Renault 4 permet ainsi d’atteindre facilement 350 km d’autonomie réelle en été (pour plus de 400 km WLTP annoncés). Attention toutefois à l'hiver, cette technologie restant sensible au froid et à l’humidité, ce qui constitue l’un des axes d’amélioration pour la marque.


 


Pour voyager, l'écosystème OpenR Link basé sur Google Maps intégré est un modèle du genre. C'est l'un des rares systèmes du marché à afficher une estimation de batterie en temps réel à destination sans même avoir besoin de lancer un itinéraire. Une fois la navigation activée vers une destination lointaine comme Brest, le planificateur calcule instantanément les arrêts de recharge nécessaires (par exemple deux arrêts de 26 et 17 minutes pour un long trajet). La puissance de charge en courant continu (DC) s'élève à 100 kW, permettant de récupérer 80 % d’énergie en moins de 30 minutes. Enfin, la voiture intègre la technologie V2L (Vehicle-to-Load) : grâce à l’attelage optionnel (950 €), il devient possible de brancher et d'alimenter des outils électriques directement depuis la batterie de la voiture lors de vos sorties.



Renault 4 E-Tech 2026 - Finitions et tarifs (prime CEE de 3 620 € déduit)

  • Evolution : à partir de 26 370 € (40 kWh - 120ch) / 29 870 € (52 kWh - 150ch)
  • Techno :  à partir de 31 870 € (52 kWh - 150ch)
  • Techno "Plein sud" :  à partir de 33 670 € (52 kWh - 150ch)
  • Iconic :  à partir de 33 870 € (52 kWh - 150ch)
  • Iconic :  à partir de 35 670 € (52 kWh - 150ch)

La miniature

Présentée lors du Mondial de l'automobile de Paris en octobre 2024, elle était disponible dès sa présentation dans deux teintes aux échelles 1/43 et 1/64 avec des productions réalisées par Norev. 

Miniature Renault 4 E-Tech 
  • Norev 1/64 et 1/43
  • Teinte 1/64 : Vert Hauts de France / Bleu Nuage
  • Teinte 1/43 : Vert Hauts de France / Bleu Nuage
  • Prix : 6 € pour l'échelle 1/64 et 30 € pour l'échelle 1/43

Renault 4 E-Tech électrique - Norev 1/43 - Bleu Nuage 

 


Renault 4 E-Tech électrique 2024 - Norev 1/43 - Vert Hauts de France


 



Renault 4 électrique 2024 1/64





Notre bilan

Au terme de ces cinq jours d'essai, la Renault 4 E-Tech s'impose comme une proposition particulièrement mature et cohérente. En corrigeant de manière efficace le manque de volume et d'espace habitable reproché à la R5, elle s'établit comme le véhicule principal idéal pour un jeune foyer ou pour un usage quotidien polyvalent. Son comportement routier s'avère remarquable : le confort des suspensions gomme les imperfections de la route avec une souplesse digne de son ancêtre, tandis que le châssis conserve un dynamisme incisif. Ajoutez à cela l'intégration native de Google Maps, d'une fluidité exemplaire, et l'apparition de la conduite à une pédale (One Pedal) qui révolutionne l'agrément en ville, et vous obtenez une auto ultra-facile à appréhender, même pour les conducteurs n'ayant jamais touché à l'électrique. Seuls le plancher arrière surélevé — inconfortable pour les grands adultes — et une certaine sensibilité de la batterie aux températures hivernales viennent ternir ce tableau par ailleurs très séduisant.

Sur le plan financier, la grille tarifaire de la marque au losange se veut pragmatique. La gamme débute officiellement sous la barre des 30 000 €, précisément à 29 990 € pour la version d’entrée de gamme "Evolution" équipée de la petite batterie de 40 kWh. Notre modèle d'essai, associant la finition cœur de gamme "Techno" au moteur de 150 ch et à la grosse batterie de 52 kWh, s'affiche quant à lui à partir de 35 490 € (hors bonus écologique). C’est un tarif cohérent avec les prestations proposées, même si le catalogue d'options peut rapidement faire grimper l'addition. Facturée 38 000 € avec ses équipements additionnels (peinture biton, pack d’aides à la conduite avancées, système audio Harman Kardon et marchepieds), cette version Techno représente le meilleur compromis de la gamme pour qui cherche à voyager sereinement.

Face à une concurrence qui s'organise, la Renault 4 E-Tech dispose de sérieux arguments pour faire valoir ses droits. Elle se positionne de manière beaucoup plus compétitive qu'une Mini Aceman, sa rivale chic, dont les tarifs s'envolent bien au-delà des 45 000 € à dotation équivalente. Face au groupe Stellantis, la bataille s'annonce serrée : si le Peugeot e-2008 met en avant un gabarit légèrement supérieur, il s'avère souvent plus onéreux et moins agile en milieu urbain. La véritable menace pourrait venir de l'Alfa Romeo Junior Elettrica ou du nouveau Citroën ë-C3 Aircross, qui mise sur des tarifs plus agressifs. Néanmoins, grâce à son capital sympathie néo-rétro unique, son habitacle en jean chaleureux et son interface connectée de premier ordre, cette "Quatrelle" du XXIe siècle possède toutes les cartes en main pour s'imposer comme la nouvelle référence des crossovers électriques familiaux.


 


 


 

Par Romain L. (@luniversderomain) et Emilien L.